Les Jachères Apicoles
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Paysages agricoles et biodiversité, une histoire d’évolution des mentalités

L’agriculture façonne une grande majorité des paysages ruraux, et dans ces espaces agricoles l’état de la biodiversité est intimement lié aux pratiques des agriculteurs. Mais on aurait tort de croire en une relation à sens unique dans laquelle l’agriculture n’aurait que des impacts négatifs sur la biodiversité : non seulement les actions des agriculteurs favorables à la biodiversité se multiplient depuis plusieurs années, mais la biodiversité a de multiples effets positifs sur la production agricole au travers des services écosystémiques.
 

Un contexte longtemps défavorable à la prise en compte de la biodiversité dans les paysages agricoles

Depuis son origine, l’objet même de la production agricole est d’exploiter les ressources de la biosphère pour subvenir aux besoins des populations humaines. A partir de l’après 2° guerre mondiale, pour subvenir aux besoins d’une population croissante, dans un contexte de diminution des terres agricoles, l’agriculture s’est modernisée à vitesse accélérée, avec l’apparition de tracteur de plus en plus puissants et l’emploi des engrais et pesticides chimiques.

Évolution en France entre 1950 et 2004 de la répartition des trois principaux modes d’usage des terres. Source : Desriers 2007
 
Cette nécessaire modernisation de l’agriculture a entraîné de profondes modifications dans de nombreux paysages, au travers de remembrements successifs, entraînant des modifications majeures (quand ça n’a pas tout simplement été des disparitions) de nombreux habitats. Et qui dit modification ou disparition des habitats dit impacts, la plupart du temps négatifs, sur la biodiversité.
 

"Pour subvenir aux besoins d’une population croissante, et avec moins de terres à disposition, l’agriculture s’est modernisée à vitesse accélérée à partir de la fin de la 2° guerre mondiale"


Le grand principe à retenir, c’est que plus les paysages agricoles sont diversifiés et hétérogènes plus ils sont favorables à la biodiversité. La tendance à la simplification des paysages, notamment dans les régions qui se sont spécialisées dans les grandes cultures (telles par exemple la Beauce ou la Champagne crayeuse) a donc entraîné une diminution de la biodiversité.
 
Mais penser que rien n’a changé depuis ces grandes modifications qui ont débuté dans les années 50 serait une erreur.
 
 

La prise de conscience du monde agricole

De nos jours, même si les besoins alimentaires à l’échelle mondiale continuent à croître de manière importante (et avec eux les besoins de continuer à augmenter les volumes de production agricole), les préoccupations environnementales de la société croissent au moins aussi vite. Et aujourd’hui les agriculteurs sont bien les premiers concernés par la prise en compte de la protection de l’environnement dans leur activité professionnelle. Difficile d’imaginer un métier dont les impacts sur le paysage et l’environnement serait plus réglementés et contrôlés que celui d’agriculteur.

Difficile également d’imaginer une profession qui aurait développé autant de démarches et d’actions concrètes en faveur de l’environnement que l’agriculture. Agriculture raisonnée, protection intégrée, agriculture biologique… peu importent les labels, le fait est que de nos jours, en Occident, toutes les formes d’agriculture mettent en œuvre de nombreux moyens de minimisation des leurs impacts sur l’environnement.
 
Si la biodiversité semble être une préoccupation plus récente (aussi bien dans le monde agricole que dans la société de manière générale) par rapport par exemple à la qualité de l’eau, c’est simplement parce que le concept même de biodiversité est tout récent. Il apparaît en effet pour la première fois en 1992, à l’issu du Sommet de la Terre de l’ONU de Rio de Janeiro.

Mais le prise en compte de la biodiversité par l’agriculture n’est pas qu’une question de contraintes administratives : c’est avant tout une question d’agronomie et d’écologie (au sens de la science des écosystèmes), puisque les agriculteurs tirent de nombreux avantages de la biodiversité au travers des nombreux services qu’elle rend à la production, appelé les services écosystémiques.
Source :
Desriers M. (2007). L'agriculture française depuis 50 ans: des petites exploitations familiales aux droits à paiement unique. Agreste Cahiers 2: 3-14, in X. Le Roux, R. Barbault, J. Baudry, F. Burel, I. Doussan, E. Garnier, F. Herzog, S. Lavorel, R. Lifran, J. Roger-Estrade, J.P. Sarthou, M. Trommetter (éditeurs), 2008. Agriculture et biodiversité. Valoriser les synergies. Expertise scientifique collective, rapport, INRA (France).


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