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Les services agroécosystémiques : une relation de bénéfices réciproques entre agriculture et biodiversité

L’impact de l’agriculture sur la biodiversité, que l’on parle d’impact positif ou négatif, est assez largement documenté. Mais cette relation fonctionne également dans l’autre sens, puisque la biodiversité a également de nombreux impacts sur l’agriculture, et lui rend notamment de très nombreux services, appelés services écosystémiques (ou écologiques). L’un de ces services est même majeur pour la production agricole, c’est la pollinisation.
 
 

Agriculture et biodiversité, échange de bons procédés

Agriculture et biodiversité se rendent mutuellement des services pour le bon maintien de l’une et de l’autre. Cette affirmation semblera sans doute étonnante à certains, qui pensent que l’agriculture ne fait que contribuer à la destruction de la biodiversité. Mais un bon exemple suffit à démontrer que la biodiversité peut aussi profiter de la présence d’une activité agricole dans les paysages.

L’ouverture de paysage, et le maintien de ces paysages ouverts par l’agriculture, transforme des milieux fermés souvent relativement peu diversifiés, en milieux ouverts capable d’accueillir une richesse spécifique supérieure. Ceci est bien illustré par le graphique suivant, qui montre l’évolution de la richesse spécifique végétale d’une prairie calcaire pâturée suite à son abandon et au fil de son enfrichement :

La ligne pleine représente la richesse spécifique de la végétation en place, la ligne pointillée celle de la banque de semences (source : Bakker & Berendse 1999)


Il apparaît clairement que l’arrêt de l’activité agricole mène dans cet exemple à une diminution progressive très importante de la richesse spécifique des végétaux.
 
Dans l’autre sens, la biodiversité rend de très nombreux services aux sociétés humaines, et notamment àl’activité agricole. Concernant spécifiquement ces services rendus par la biodiversité à l’agriculture, ils sont principalement de trois ordres :
  • services intrants (stabilité structurale du sol, régulation du cycle de l’eau, fertilité des sols, contrôle des ravageurs, résistance aux maladies…)
  • services produits contribuant au revenu (augmentation et / ou stabilisation des rendement des cultures…)
  • services produits hors revenu (qualité des eaux, mitigation des incendies, santé des humains, conservation de la biodiversité patrimoniale et ordinaire…).
 
Le graphique suivant donne une bonne illustration d’un exemple de service écologique, la régulation des ravageurs de culture par les insectes dits « auxiliaires de l’agriculture » (appelé « insectes auxiliaires » ou simplement « auxiliaires ») :
Effet d’une simplification de la diversité des ennemis naturels sur la densité de population de pucerons d’un blé.
0 : tous les ennemis naturels présents
-G : sans prédateurs généralistes rampants
-F : sans prédateurs et parasitoïdes volants
-G-F : sans prédateurs et parasitoïdes

Où l’on voit que la présence d’une diversité maximale d’auxiliaires peut contribuer fortement au contrôle des pucerons dans le blé.
Source : Schmidt et al. (2003)



Parmi les différents services intrants, il en est un qui ici nous intéresse plus particulièrement, c’est celui de la pollinisation.
 
 

La pollinisation, un service agroécosystémique indispensable à la diversité de l’agriculture

La pollinisation (c’est-a-dire le transport du pollen sur les stigmates, réalisé principalement par les insectes), qui est indispensable a la reproduction des plantes a fleurs, est un service écosystémique majeur pour les sociétés humaines car elle permet non seulement :
 
- le maintien de la biodiversité et de la productivité des communautés de plantes sauvages (en moyenne, plus de 70% des espèces de plantes a fleurs sont pollinisées par des animaux) mais surtout
 
- la reproduction de nombreuses espèces de plantes cultivées, et donc la production alimentaire : au niveau mondial, 70% des espèces de plantes cultivées dépendent de la pollinisation animale (Klein et al., 2007), au niveau européen ce chiffre est de 84% (Williams, 1994), et la production de bon nombre de cultures est liée a l’efficacité de la pollinisation (Klein et al., 2007, estime qu’environ 35% du volume mondial de la production alimentaire est lie a la pollinisation par les insectes).



 
Les articles d'actu sur les services écosystémiques et la pollinisation :

- 08/11/2013 : Cartographie européenne des zones en déficit de pollinisation



Source :
Bakker J.P., Berendse F. (1999). Constraints in the restoration of ecological diversity in grassland and heathland communities. Trends in Ecology & Evolution 14(2): 63-68, In X. Le Roux, R. Barbault, J. Baudry, F. Burel, I. Doussan, E. Garnier, F. Herzog, S. Lavorel, R. Lifran, J. Roger-Estrade, J.P. Sarthou, M. Trommetter (éditeurs), 2008. Agriculture et biodiversité. Valoriser les synergies. Expertise scientifique collective, rapport, INRA (France).
 
Klein A.M., Vaissiere B.E., Cane J.H., Steffan-Dewenter I., Cunningham S.A., Kremen C., Tscharntke T., 2007. Importance of pollinators in changing landscapes for world crops. Proceedings of the Royal Society of London B 274, 303–313.
 
Schmidt M.H., Lauer A., Purtauf T., Thies C., Schaefer M. and Tscharntke T. (2003). Relative importance of predators and parasitoids for cereal aphid control. Proceedings of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences 270(1527): 1905-1909. Également tiré de l’expertise scientifique collective INRA Agriculture et Biodiversité.
 
Williams I.H., 1994. The dependence of crop production within the European Union on pollination by honey bees. Agricultural Zoology Reviews 6, 229–257.


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