Les Jachères Apicoles
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Le pollen, unique source de protéines des colonies d’abeilles domestiques

Une indispensable source de protéines
 
Une colonie d’abeilles consomme en moyenne entre 20 et 30 kg de pollen par an. De composition diversifiée et variable entre les différentes espèces de plantes pollinifères, cet aliment est particulièrement précieux pour la ruche car il est son unique source de protéines. D’ailleurs, de nombreuses autres espèces d’insectes, et pas seulement de l’ordre des hyménoptères, trouvent dans le pollen une importante source de nutriments azotés.
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Voir Photos ci-contre
 
Les grains de pollen sont les organites contenant les gamètes mâles des plantes. Ils sont amassés par les ouvrières butineuses au fur et à mesure de leurs visites. En brossant avec leurs pattes les grains qui se sont fixés sur leurs poils, et en y ajoutant un peu de nectar ou de miel, elles en forment des pelotes qu’elles ramènent à la ruche dans leurs corbeilles, sur leur troisième paire de pattes.

Des valeurs alimentaires très variables

La mesure de la teneur en protéines des différents pollens est un bon moyen d’estimer leur valeur alimentaire. Il faut retenir que ce taux est très variable entre les différentes espèces : certains pollens parmi les moins intéressants contiennent moins de 5% de protéines (en pourcentage du poids sec), alors que d’autres en contiennent jusqu’à 60%. Différentes études ont montré que les abeilles récoltent le pollen d’un nombre relativement limité de plantes (sensiblement les mêmes dans toute l’Europe occidentale), et se concentrent sur les pollens dont la teneur en protéines varie entre 12 et 61%.
 
Si l’on compare les besoins de l’abeille en acides-aminés (les composants élémentaires des protéines) et la composition chimique du pollen, on constate que cet aliment couvre bien les besoins. Cependant, tous les pollens n’ont pas une composition équilibrée en acides aminés et, par exemple, la consommation massive par une colonie d’un unique pollen de pauvre valeur nutritive (exemple du maïs dans certaines situations) peut même mettre en danger la capacité de survie de la colonie. Il est ainsi aujourd’hui reconnu que seule une alimentation en pollen suffisamment diversifiée, c’est-à-dire un régime varié comportant des pollens de plusieurs espèces, permet la satisfaction totale des besoins.
Le mode de stockage du pollen tel qu’observé dans la ruche va dans ce sens : dans une même cellule, les ouvrières peuvent stocker des pelotes de différents pollens, assurant ainsi cette nécessaire diversité des apports polliniques. Ce mélange de pollen subit des transformations chimiques avant d’être retiré des cellules de stockage par les nourrices et de servir à l’alimentation des larves et des jeunes abeilles.
 
                                  - La valeur alimentaire des pollens -
 
 
Espérance de vie de l’abeille
Augmentation de l’espérance de vie comparée au témoin négatif
Saule
45,8 (ac)
16,6
Pommier 1
41,4 (be)
11,2
Pommier 2
46,8 (c)
17,6
Pommier 3
48,8 (d)
19,6
Pissenlit
38,9 (e)
10,7
Maïs 1
29,7 (f)
0,5
Maïs 2
30,5 (f)
1,3
Maïs 3
29,5 (f)
0,3
Témoin négatif 1
29,2 (f)
0
Fraise
63,3 (a)
28
Mélange de pollen
62,8 (a)
27,5
Témoin négatif 2
35,3 (b)
0
Haricot
54,5 (a)
26,6
Bruyère
49,8 (a)
21,9
Kiwi
45,5 (b)
18,3
Témoin négatif 3
27,9 (c)
0
Haricot
55,4 (a)
24
Tomate
36,4 (b)
5
Témoin négatif 4
31,4 (c)
0
Jacobs, 2004. In : BASF Agro, octobre 2004, Premier Colloque Technique Apicole. Book du colloque du 12 octobre 2004
 
La valeur nutritive des pollens est ici estimée par une mesure de la durée de vie des abeilles qui ont consommé un unique type de pollen (sauf pour la modalité « mélange de pollen »). Les abeilles alimentées avec les pollens les plus riches (fraise, haricot) vivent plus longtemps que celles alimentées avec les pollens les plus pauvres (maïs, tomate, et dans une moindre mesure pissenlit).
On remarquera aussi que le mélange de pollens est aussi nutritif que le pollen le plus riche.
Les « témoins négatifs » sont des abeilles nourries uniquement de miel (aucune alimentation en pollen), qui servent de base de comparaison (d’où le chiffre zéro dans la deuxième colonne). Les lettres en parenthèses sont les résultats d’analyses statistiques : les pollens qui obtiennent les mêmes lettres ont une qualité nutritive du même ordre (exemple : pas de différence significative entre les pollens de « pommier 1 » (be) et de pissenlit (e), ou, dit autrement : leur qualité nutritive est équivalente).
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Dispositif expérimental :
 
Cinquante jeunes abeilles sont mises dans des cagettes de dimensions étudiées. Chaque "mini-colonie" ainsi constituée est nourrie avec un unique type de pollen (mélangé avec du miel). Les chercheurs de l'université contrôlent pour chacune la qualité nutritive du pollen en mesurant le nombre de jours de vie supplémentaires pour les abeilles. Cette mesure est réalisée par rapport aux abeilles "témoins", placées dans des cagettes identiques mais qui n'ont été nourries que de miel (le miel n'est pas une source de protéïnes). Ce dispositif scientifique permet aux chercheurs une analyse statistique des données et assurent ainsi la fiabilité de l'information recueillie.
 
 
 

Ci-dessus : "mini colonie" d'abeilles dans le cadre du dispositif expérimental (source : jACOBS, 2004)
  • une colonie = consomme 20 à 30 kg de pollen par an
  • pollen = de 5 à 60% de protéines
       
Source :
  • Chauzat M.P., Pierre J., 2005, L’importance du pollen pour l’abeille domestique : le pollen et ses composants – incidence sur le comportement et la physiologie. In  Bulletin Technique Apicole n°32, pp 11 à 28,
  • BASF Agro, octobre 2004, Premier Colloque Technique Apicole. Book du colloque du 12 octobre 2004 à Roissy.
  • Jacobs, 2004. In : BASF Agro, octobre 2004, Premier Colloque Technique Apicole. Book du colloque du 12 octobre 2004 à Roissy

 



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