Les Jachères Apicoles
ACCUEIL   NEWSÉVÈNEMENTSPRESSEQUI SOMMES-NOUS ?VOS QUESTIONS SOUTENEZ-NOUS !  ADHÉREZ AU RBA 

Effets des carences en pollen sur la sensibilité des abeilles aux agressions extérieures

Chez l’homme comme chez l’abeille, les protéines ingérées sont digérées pour donner des acides aminés élémentaires. Ceux-ci servent à la construction par l’organisme de nouvelles protéines, nécessaires à sa croissance et son développement.
Sur les 23 acides aminés existants, 9 (les mêmes chez l’homme et chez l’abeille) ne peuvent pas être synthétisés par l’organisme, et doivent donc forcément être amenés par l’alimentation.
 
Comme l’homme, l’abeille se porte mieux et résiste plus efficacement aux agressions extérieures quand elle a une alimentation équilibrée et en quantité suffisante. Les apiculteurs reconnaissent volontiers que des déséquilibres ou des manques dans l’alimentation pollinique entraînent une augmentation de la sensibilité des abeilles aux maladies, aux parasites de la ruche (ou, exprimé différemment, les maladies de la ruche sont favorisées par une alimentation pollinique déséquilibrée des abeilles) ou à toute difficulté de milieu. 
 
Ainsi, des abeilles en alimentation carencée pourraient être plus sensibles aux intoxications provoquées par des produits de phytopharmaceutiques utilisés en dehors des Bonnes Pratiques Agricoles (BPA) . Si aujourd’hui la réglementation très stricte impose aux agriculteurs des mesures visant à éviter les risques de telles intoxications –interdiction d’usage de certains produits en période de butinage des cultures par les abeilles–, ces risques ne sont pas pour autant inexistants et les abeilles, du fait de leurs incessantes prospections, sont parfois en contact avec des doses infimes de produits phyto-pharmaceutiques. Une alimentation pollinique équilibrée est l’assurance d’une bonne santé des individus de la colonie qui pourront alors plus facilement tolérer les ultra-traces de produits phytosanitaires.

On parle beaucoup ici des produits de protection des cultures, mais ils ne sont pas les seuls éléments chimiques potentiellement présents dans l’environnement des ruches. Certaines substances issues d'activités humaines autres qu'agricoles, ou les médicaments vétérinaires mal dosés ou non homologués utilisés par les apiculteurs peuvent aggraver l’état des abeilles déjà fortement fragilisées par une alimentation en pollen de mauvaise qualité. 

Ces informations relatives aux conséquences d’une alimentation pollinique déséquilibrée sur l’abeille concernent également les autres consommateurs de pollen, qui eux aussi voient leurs populations s’affaiblir dans ces contextes où l’offre pollinique est insuffisante ou carencée.
Il est logique de s'intéresser en premier lieu à l’abeille, du fait de son importance économique et écologique bien connue. Il est logique aussi de considérer son état comme un indicateur de l’état de nombreuses autres espèces consommatrices de pollen et de nectar.
 
Vers une démarche de progrès
 
- Il convient d'insister ici sur un point très important : les pratiques des agriculteurs sont de plus en plus précises depuis 20 ans. Elles continuent aujourd'hui de s'affiner vers des pratiques de plus en plus respectueuses de la faune auxiliaire et de la biodiversité. L'initiative des bandes enherbées en est une illustration parmi d'autres : la bande enherbée est une zone tampon entre les cultures et les eaux superficielles (cours d’eau, fossés…). Elle est un moyen efficace de lutte contre les transferts de terre fine, de fertilisants et de produits phytosanitaires vers les eaux de surface. Mises en place depuis 2005, les bandes enherbées représentent aujourd'hui 500 000 km linéaires soit une surface entre 250 000 (si 5 mètres de large) et 500 000 ha (si 10 mètres de large).
 
- Les produits phytopharmaceutiques sont sans doute parmi les produits les plus sévèrement contrôlés et évalués avant leur mise sur le marché. Chaque matière active doit recevoir une autorisation de la Commission des Toxiques, chargée d'évaluer la toxicité du produit, et du Comité d'Homologation, qui évalue son efficacité. Dans cette démarche réglementaire rigoureuse, les tests écotoxicologiques prennent une place primordiale:

- Evolution des critères d'évaluation des dossiers écotoxicologiques -

Source : UIPP, Union des Industries de Protection des Plantes

 

 

 

 

 

L’abeille et les autres insectes pollinisateurs sont aujourd'hui pris en compte lors des travaux agricoles, et sont protégés par la loi (arrêté du 28 novembre 2003).
Une plaquette est disponible sur la réglementation abeilles, elle est accessible (sur commande) par le lien suivant : http://www.uipp.org/publication/brochure.php#abeilles

- Aujourd'hui, agriculteurs, apiculteurs, organismes scientifiques et firmes phytosanitaires se rencontrent au sein de groupes de travail et avancent ensemble vers une démarche de progrès. De multiples initiatives fleurissent pour l'ouverture du dialogue sur une agriculture raisonnée telles que l'Académie de l'agriculture, les Colloques techniques apicoles, les congrès et autres réunions de travail. Le projet des jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) apicoles illustre bien cette évolution puisqu'il mobilise 44 groupes de travail dans toute la France, qui sont autant d'espaces de rencontres et d'échanges autour des problématiques de biodiversité. 
 

 

 

Les articles d'actus sur le même thème :

13/01/2014- La diversité des apports de pollen contribue à la lutte contre la nosémose
Source :
  • Chauzat M.P., Pierre J., 2005, L’importance du pollen pour l’abeille domestique : le pollen et ses composants – incidence sur le comportement et la physiologie. In  Bulletin Technique Apicole n°32, pp 11 à 28
  • UIPP, Union des Industries de Protection des Plantes.


LIENS UTILESCONTACTLEXIQUEJACHERES APICOLESMENTIONS LÉGALES