Les Jachères Apicoles
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Fauchage et autres activités humaines : un impact fort sur les ressources alimentaires de l'abeille

D’autres sources d’impact sur les ressources des butineurs
En dehors de l’évolution des assolements et du remembrement, d’autres activités agricoles ont eu des effets préjudiciables sur les ressources des pollinisateurs.
L’utilisation des herbicides à partir des années 50 à permis de réduire les effets potentiellement négatifs de certaines plantes/mauvaises herbes sur les cultures : compétition pour la ressource en eau disponible pour la culture, suppression de graines toxiques (voir exemple de la morelle ci-dessous), diminution de la qualité de la récolte (ex : pollution par des graines de gaillet ou de graminées dans une récolte d’orge brassicole). Or, parmi ces plantes, certaines sont nectarifères et/ou pollinifères, et leur disparition a privé les insectes butineurs de plusieurs sources de nutriments.
  
Voir ci-contre deux exemples de plantes considérées comme mauvaises herbes (ou adventices) : morelle Solanum nigrum et gaillet Gallium aparine.
 

Voici un cas illustrant la toxicité de la morelle :
- Retrait de haricots verts surgelés toxiques de la marque (-) par la DGCCRF le 17/02/2005 -
Des prélèvements ont révélé la présence importante de baies vertes de Morelle noire () dans ces produits. Ces baies ont un caractère toxique du fait de la présence d'un alcaloïde naturel de type solanine. L'injection de 5 à 10 baies provoque des nausées, vomissements, fièvre et divers autres troubles (bouche sèche, constipation, tachycardie, rétention urinaire, etc.) La DGCCRF conseille aux personnes qui auraient acheté ces lots de ne pas les consommer et de les rapporter aux points de vente, ou de consulter rapidement un médecin en cas d'ingestion.

 
Il est important de noter qu’aujourd’hui, les pratiques de désherbage agricole n’ont plus rien de systématique, et contrairement à certains préjugés trop répandus dans l’opinion, elles ne l’ont jamais vraiment été. Les traitements ne sont réalisés que s’ils sont justifiés, les produits utilisés ont des spectres d’action de plus en plus précis, les doses appliquées sont modulées en fonction des conditions de traitement…
 
Aujourd’hui, les lisières de bosquets entretenues mécaniquement ne proposent plus le même niveau de ressources qu’auparavant, quand cet entretien était moins fréquent et moins systématique.
Le désherbage, la tonte chimique, ou le passage d’épareuse sont aussi largement utilisés sur les bords de route par les services des différentes Directions Départementales de l’Equipement, ou sur les bordures des voies ferroviaires par la SNCF.
 
Il ne s’agit pas ici de dénoncer ces pratiques d’entretien des bords de route et de lisières de bosquets, qui sont nécessaires encore aujourd’hui, mais de mettre en avant le fait qu’elles peuvent être adaptées –les principales questions étant la fréquence et les dates de réalisation– afin de concilier, par exemple, sécurité routière et augmentation des ressources exploitables par les pollinisateurs. En réalisant ces interventions en dehors des périodes de pleine floraison des espèces qui présentent un intérêt pour les pollinisateurs, on peut aider à renforcer ces populations d’insectes utiles.
 
 
Quelques exemples à suivre
Lu pour vous par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles : Le département de l'Indre met en place à partir de cette année un programme expérimental de fauche tardive des bords de route. La méthode retenue est simple : ne faucher les bords de route :

- qu'une seule fois dans l'année, à la fin septembre, afin de permettre à la végétation et à la faune associée de se développer naturellement et de pouvoir accomplir leurs cycles,

- ne faucher que sur 1,2m seulement, au lieu de faucher sur toute la largeur.

La problématique "sécurité routière" associée à un tel programme est évidemment intégrée, en raisonnant différemment les abords de virages et de carrefours.

Cette expérimentation, menée sur 50 Km de bord de route en 2008, sera étendue à l'ensemble du département si les résultats s'avèrent concluants. Un suivi floristique et faunistique pluriannuel est en effet prévu pour évaluer l'efficacité de la mesure.

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, se félicite de voir que de telles initiatives commencent à se développer. Cela représente quoi qu'il en soit au moins une dizaine d'hectares supplémentaires favorables à l'alimentation des pollinisateurs sur le département de l'Indre.

Sans compter en plus les économies de carburant (et d'émissions de gaz à effet de serre), liées à la diminution du nombre de passage, réalisées par le département. Une démarche concrète, et donc multifonctionnelle !

Un exemple à suivre !

Source :
  • Schweitzer P., 2004, Mauvaises herbes et apiculture
  • Lecompte Ph., 2004, Environnement : les jachères. In : L’Abeille de France n°905, juillet / août 2004, pp. 341 – 343.


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