Les Jachères Apicoles
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Une analyse nécessairement multifactorielle des surmortalités d'abeilles

La spécificité française
En France, à partir des années 90, lorsque les apiculteurs ont commencé à alerter l’opinion publique sur les mortalités anormalement élevées qu’ils rencontraient dans leurs ruchers, certains syndicats apicoles ont rapidement accusé les insecticides utilisant la technologie des traitements de semences (TS), notamment sur les cultures de tournesol et de maïs. Et, bien qu’aucun lien direct n’ait été établi entre les surmortalités d’abeilles et les TS, ces groupements apicoles obtenaient gain de cause auprès des autorités nationales : par application du principe de précaution, le Gaucho® (imidaclopride) de la firme Bayer se voit suspendre pour deux ans son AMMAutorisation de Mise sur le Marché sur tournesol en 1999 (suspension renouvelée en 2001 et 2003) et sur maïs en 2004, et le Régent® TS (fipronil), racheté par BASF Agro en 2003, est suspendu sur tournesol et maïs en 2004 (suspension renouvelée en 2005 après annulation pour vice de forme).
 
Cependant, face à cette problématique d’affaiblissement et de surmortalités des colonies d’abeilles, d’autres acteurs du monde apicole français, moins médiatisés que les syndicats, avaient émis dès 1990 des avis plus contrastés et des hypothèses différentes de celle de la responsabilité exclusive des TS. Cette « 2° voie de réflexion » est officialisée en France en 2002, par une Analyse des phénomènes d’affaiblissement des colonies d’abeilles réalisée dans le cadre de l’AFSSAAgence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (document accessible à cette adresse : http://www.anses.fr/Documents/SANT-Ra-MortaliteAbeillesEN.pdf). Ce document conclut à la nécessité d’une approche multifactorielle pour étudier et tenter de comprendre les causes des surmortalités d’abeilles et des baisses de production, et pour essayer d’y remédier.
Cette approche repose sur l’hypothèse suivante : plutôt que d’étudier isolément chacun des facteurs potentiellement en jeu, il convient d’étudier les différents facteurs éventuellement responsables, ainsi que leurs interactions, afin de pouvoir conclure objectivement, au cas par cas, sur les causes réelles des phénomènes observés dans les ruchers.
 
 
Le multifactoriel : les avancées dans les autres pays européens
D’autres pays européens qui font face à la même problématique de dépérissement du cheptel apiaire ont également adopté une approche multifactorielle. Et pour certains depuis le début de la crise.
On peut noter que les pays qui disposent d’une structure apicole à vocation technique (par exemple un institut technique apicole, comme enAllemagne ou en Belgique) ne se sont focalisé sur une approche mono-factorielle et une accusation exclusive des TS, mais se sont au contraire très rapidement tourné vers une étude multifactorielle.
En France, un tel institut (ITAPI) a existé entre 1973 et 1993, mais n’était plus présent, au moment de la médiatisation de la crise, pour mettre en avant la nécessité d’une recherche technique et objective des causes des surmortalités d’abeilles en France. Le déroulement du dossier au niveau hexagonal aurait peut-être été différent si une structure telle que l’ITAPI avait participé au débat.
Face à la situation actuelle, il est nécessaire de continuer la recherche des origines des affaiblissements de colonies, en mobilisant tous les partenaires concernés et toutes les bonnes volontés.
Source :
- Yves MISEREY, Il n’y a pas que le Gaucho et le Régent !, article paru le 6 mai 2004, accessible à cette adresse : http://www.gauches.net/article1025.html


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