Les Jachères Apicoles
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Comment semer une jachère apicole : mode d’emploi

Choisir une composition adaptée, déterminer un itinéraire d’implantation pertinent, statuer sur les modalités d’entretien à mettre en œuvre : autant de points clés de la conduite d’une parcelle de jachère mellifère / apicole, travaillés par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles depuis 2006, et dont les principales règles de raisonnement vous sont présentées ici. Attention, les éléments présentés ici sont avant tout agronomiques, et doivent être croisés avec la réglementation locale des jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) mellifères avant toute mise en œuvre.


Quelles espèces florales pour les jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) apicoles : les critères de choix du mélange de semences

S’il est en théorie possible de faire une jachère apicole avec l’implantation d’une seule espèce mellifère, le RBA recommande de travailler avec des mélanges, qui permettent sur une seule parcelle de diversifier les sources de pollen et d’allonger les périodes de floraison du couvert. De même, s’il est possible de réaliser soi-même son mélange en s’approvisionnant en espèces séparément, il est souvent plus simple d’acheter directement un mélange déjà conditionné.

Les critères de choix d’un couvert apicole sont de trois ordres principaux :

- agronomiques : principalement adaptation du mélange au sol, pérennité souhaitée, éventuellement effet précédent recherché…,

- apicoles : périodes de floraisons recherchées par les apiculteurs locaux,

- économiques : coûts du mélange et de l’itinéraire d’implantation.

Le RBA conseille de faire passer en priorité la question de l’adaptation du mélange au type de sol, notamment au pH, car si les espèces du mélange ne sont pas adaptées aux conditions pédologiques de la parcelle, et donc n’arrivent pas à s’implanter correctement, l’intérêt pour les pollinisateurs restera fortement limité, voir sera carrément nul (par exemple si on essaye d’implanter du sainfoin dans un sol acide et peu séchant).

Concernant la pérennité de l’implantation, le RBA conseille de retenir des mélanges pluriannuels plutôt que des mélanges annuels, qui nécessitent une nouvelle implantation (et donc génèrent des coûts) tous les ans. Mais qui restent néanmoins parfaitement justifés dans certaines situations.


Une offre commerciale répartie en deux catégories principales de mélanges

L’offre existante sur ce marché des mélanges apicole à destination des terres agricoles présente deux catégories principales :

- des mélanges relativement peu diversifiés (5 à 6 espèces) composés d’espèces très fortes productrices de nectar et de pollen (notamment des légumineuses), qui apportent des quantités importantes de ces ressources pendant le cœur de la saison apicole (mai à juillet / août), et qui par ailleurs ont l’avantage d’être relativement peu coûteux ;

- des mélanges fortement diversifiés, de 10, 12, 15 espèces ou plus, intégrant à la fois des légumineuses et des espèces d’autres familles botaniques ; les intérêts de ces mélanges sont bien sûr de diversifier de manière importante les sources de pollen (et donc aussi de proposer une floraison du couvert très longue, parfois jusqu’aux gelées), et d’attirer une grande gamme de pollinisateurs sauvage (du fait de la présence dans le mélange d’espèces présentant des morphologiques florales différentes). Le principal inconvénient est bien sûr le coût, (beaucoup) plus important que pour la première catégorie.

Télécharger ici les fiches descriptives de certains de ces mélanges, mis au point par des semenciers partenaires du Réseau Biodiversité pour les Abeilles :

- mélanges simples pérennes

o adaptés aux sols calcaires / secs : Méliflore 2, Pronectar TP, SédaMiel 2
o adaptés aux sols acides / frais : Méliflore 1, SédaMiel 1

- mélanges diversifiés : SédaMix pollen et miel, SédaMix pollen sauvage, Couvert Biodiversité .


Itinéraire technique d’implantation d’un mélange de jachère apicole : du semis direct au labour

Deux éléments principaux sont à retenir pour réussir l’implantation d’un couvert apicole, tous deux liés à la petite taille de semences de la majorité des espèces présentes dans ces mélanges (aussi bien dans les compositions dites simples que dans celles plus diversifiées) :

- avec ou sans labour préalable, il y a nécessité de préparer un lit de semences fin, avec au moins deux passages de travail superficiel du sol (ce qui permet de faire un faux semis),

- semis superficiel, à moins de 1 cm de profondeur. Le semis doit être suivi (en combiné ou non) d’un passage de rouleau afin d’assurer un bon contact sol / graines.

Ces règles sont valables bien sûr dans les cas d’un itinéraire avec travail du sol. Mais un semis direct sur une végétation détruite chimiquement est également possible.

Période de semis : la plupart des mélanges peuvent être semés aussi bien au printemps qu’à l’automne. Le choix de la date de semis doit être raisonné comme le serait celle pour toute implantation de fourragère, à savoir :

- au printemps, laisser passer les risques de gel, attendre que le sol soit suffisamment réchauffé, mais ne pas attendre les risques de sécheresse post-semis,

- à l’automne, ne pas semer trop tôt dans le sec de la fin d’été, mais ne pas attendre trop longtemps l’arrivée du froid. L’idée est que les plantes puissent produire plusieurs paires de feuilles avant l’arrivée du froid. Un bon créneau peut être après les semis de colza.

Dans les deux cas (implantation de printemps ou d’automne), la date de semis doit aussi être prévue en fonction des prévisions météo, puisqu’une petite pluie sur le semis sera toujours nécessaire pour assurer une levée rapide et homogène.


Le financement des jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) apicoles

Alors qu’en 2005 au moment du lancement du Réseau Biodiversité pour les Abeilles, les programmes de financement de jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) apicoles / mellifères étaient très rares, la situation a aujourd’hui évolué positivement de ce point de vue. En effet, de plus en plus de solutions, le plus souvent mises en place à l’échelle départementale, existent pour diminuer les coûts d’implantation pour les agriculteurs, notamment en ce qui concerne les semences :

- il est possible dans de plus en plus de départements de passer par les contrats JEFSJachères Environnementales Faune Sauvage mellifères des Fédérations Départementales de Chasseurs, qui financent les semences soit sur leurs fonds propres, soit grâce à des subventions des collectivités territoriales ;

- dans certains départements / certaines régions, c’est la collaboration entre les mondes agricole et apicole qui a débouché sur la mise en place de programmes départementaux de financement de semences (exemples du Haut-Rhin, de la Dordogne, de l’Yonne, de l’Isère…)

- dans d’autres cas, ce sont les distributeurs de produits agricoles qui ont mis en place des programmes pour leurs adhérents.

Si vous vous trouvez dans un département dans lequel aucun de ces modes de financement des semences ne s’est encore mis en place, sachez donc que le montage de ce type de dossier est possible (n’hésitez pas à contacter le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, nous sommes là pour vous aider dans ce type de démarche), et qu’en dernier recours, en attendant ces financements, l’investissement semences de départ n’est pas insurmontable, et est en plius à répartir sur la durée de vie du mélange, d’au moins trios ans dans la plupart des cas.


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