Les Jachères Apicoles
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Comment réaliser une interculture apicole ?

La mise en place de couverts végétaux en deuxième partie de saison n’est sans doute pas qu’une obligation réglementaire de plus pour les agriculteurs : c’est aussi une opportunité de mettre à disposition des insectes pollinisateurs des ressources alimentaires de choix à une période où la flore naturelle est très peu diversifiée. Période qui est également celle pour les colonies d’abeille domestiques de la préparation à l’hivernage. Deux facteurs clés sont à raisonner en fonction de cet objectif pour réussir ces intercultures apicoles : le choix des espèces et celui de la date d’implantation.


Quelles espèces implanter pour des intercultures à intérêt apicole ?

Afin qu’un couvert d’interculture présente un intérêt comme source d’alimentation pour les insectes pollinisateurs, le premier élément nécessaire est la présence dans la composition d’une ou plusieurs espèces productrices de nectar et / ou de pollen. De plus, ces espèces doivent avoir un délai levée floraison relativement court, afin que les floraisons n’interviennent pas trop tard, à une période où l’activité de récolte des colonies est arrêtée.

Les essais que le Réseau Biodiversité pour les Abeilles a menés avec différents partenaires ont permis d’identifier un certain nombre d’espèces regroupant ces caractéristiques :
     - la phacélie Phacelia tanacetifolia,
     - le sarrasin Fagopyrum esculentum,
     - la moutarde (blanche Sinapis alba, ou brune Brassica juncea),
  - les trèfles annuels : trèfle de Perse Trifolium resupinatum, trèfle d’Alexandrie Trifolium alexandrinum, trèfle incarnat Trifolium incarnatum,
     - radis fourrager Raphanus sativus,
     - la vesce commune Vicia sativa.

Le RBA ne donne pas ici de règles particulières pour la composition d’un mélange, car de nombreuses références régionales sont facilement disponibles. L’intérêt agronomique de piégeage des nitrates doit dans tous les cas guider le choix des espèces (avec la présence d’une graminées notamment), mais il faut donc retenir que la présence d’une ou deux (ou plus) espèce(s) parmi celles listées ci-dessus permettra au mélange, sous condition d’une date d’implantation adaptée (voir ci-dessous), de constituer une source d’alimentation pour les pollinisateurs en fin de saison.

A noter également qu’il n’est pas nécessaire que le couvert d’interculture soit un mélange pour qu’il soit intéressant pour les pollinisateurs. Un couvert monospécifique de moutarde par exemple, s’il fleurit à la bonne période (cf. plus bas), est tout à fait pertinent du point de vue de l’alimentation notamment de l’abeille domestique. Ce que le Réseau Biodiversité pour les Abeilles a notamment mesuré, par exemple, sur un couvert de moutarde brune (qui par ailleurs semble plus intéressante agronomiquement que la moutarde blanche).


Les limites réglementaires pour les choix des espèces d’intercultures

Comme décrit sur la page précédente , un certain nombre de règles encadre la mise en place des couverts d’intercultures pour les parcelles situées en zones vulnérables nitrates. Le choix des espèces notamment est limité, mais uniquement en ce qui concerne les légumineuses, dont la capacité de capter l’azote de l’air au niveau de leurs racines fait craindre à certains des transferts de cet azote dans les eaux. Même si ce phénomène reste à prouver au niveau agronomique, le fait est que l’administration a sur ce point décidé d’appliquer le principe de précaution, en limitant les possibilités d’usage des légumineuses pour les couverts d’intercultures.

Les règles concernant les possibilités d’utilisation des légumineuses sont, comme pour le reste de la réglementation sur les intercultures en zones vulnérables nitrates, précisées pour chaque département dans l’arrêté préfectoral référence, relatif au 4° programme d’action de la directive nitrate. Concrètement, ce document dresse une liste (départementale donc) de couverts pouvant être considérées comme CIPAN.
En fonction des départements, le cas des légumineuses est traité de manières différentes : elles sont soient totalement interdites, soit à l’inverse autorisées même en pur, la situation intermédiaire étant cependant la plus courante, à savoir qu’elles sont autorisées en mélange avec des espèces non légumineuses, parfois avec un seuil de proportion à ne pas dépasser.

Ce qui laisse dans la majorité des cas des possibilités pour composer des mélanges d’intercultures potentiellement intéressants pour les pollinisateurs : en cas d’interdiction totale des légumineuses, restent les crucifères, le sarrasin et /ou la phacélie pour tenter d’avoir des fleurs dans la parcelle.

La période de floraison à viser pour les intercultures apicoles : septembre – octobre.



Le facteur date de semis, clé de l’intérêt des intercultures pour l’alimentation des pollinisateurs

S’il est évidemment nécessaire de retenir dans la composition un ou plusieurs espèces attractives pour les pollinisateurs si l’on souhaite qu’un couvert d’interculture leur soit profitable, la date d’implantation est au moins aussi importante à raisonner. Concrètement, la période de floraison à viser pour les intercultures apicoles est septembre – octobre.

S’il semble difficile du point e vue agronomique d’obtenir des floraisons d’interculture plus tôt (soit dès le mois d’août), il est par contre fréquent de voir des parcelles de CIPAN ne fleurir qu’à partir de la fin octobre, voire même novembre. Et ces périodes de floraison sont trop tardives pour que les pollinisateurs puissent vraiment exploiter de manière intéressante ces ressources. Sans compter que l’on sait encore trop peu de choses sur l’impact pour une colonie d’abeilles domestiques d’une activité de butinage en plein mois de novembre.

Le point à retenir est donc que pour qu’un couvert d’interculture puisse présenter un ressource alimentaire intéressante pour les pollinisateurs, l’implantation des intercultures doit être la plus précoce possible, c'est-à-dire qu’il ne faut pas hésiter à en implanter dans la foulée de la moisson des céréales à pailles. La date limite d’implantation d’une interculture apicole, même si cette date varie évidemment selon les conditions météorologiques de l’année, se situe aux environs du 15 août.

Ou autrement dit : les intercultures n’ont un intérêt pour les pollinisateurs que si elles sont implantées entre le 15 juillet et le 15 août. Les semis réalisés après le 15 août ont la plupart du temps beaucoup de difficulté à proposer des floraisons avant la fin octobre.


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