Les Jachères Apicoles
ACCUEIL   NEWSÉVÈNEMENTSPRESSEQUI SOMMES-NOUS ?VOS QUESTIONS SOUTENEZ-NOUS !  ADHÉREZ AU RBA 

Des espèces cultivées riches en nectar et en pollen pour l’abeille domestique

Parmi les actions du monde agricole favorables aux abeilles et aux autres pollinisateurs, il en est une qui est rarement mise en avant : c’est l’implantation de cultures fortement pollinifères et nectarifères. Du point de vue apicole, ces cultures sont majeures, avec dans certaines régions des impacts considérables sur les volumes de miel produits.


Le colza, pollen de qualité et miel en quantité

Le colza Brassica napus est une des rares espèces de grande culture à intéresser les abeilles. C’est grâce à sa floraison en avril-mai que les apiculteurs réalisent une partie importante de leur première récolte de miel de printemps.

En 2009 en France, le colza recouvrait 1 460 000 ha, avec des surfaces très importantes en régions Centre, Champagne-Ardenne, Bourgogne, Lorraine et Poitou-Charentes, qui regroupaient à elles seules 63 % des surfaces. Cela fait plus de 10 ans qu’au niveau national les surfaces se maintiennent à plus d’un million d’ha.

Mais le colza d’hiver n’est pas seulement une source importante de nectar : c’est également un réservoir important de pollen : pendant sa floraison, les colonies peuvent aller y récolter plus de 55 % de leurs apports polliniques quotidiens. Cela est d’autant plus intéressant pour les ruches que le pollen de colza possède une qualité nutritive relativement bonne, avec un taux de protéines de 32 % (de la matière sèche ; pour comparaison, cette valeur oscille entre moins de 3 % pour certaines espèces pollinisées par le vent, à près de 60 % pour une espèce du genre Phacelia).

Même si des interrogations quant au caractère nectarifère de certaines variétés se font de plus en plus entendre dans la profession apicole, de nombreux apiculteurs font encore des récoltes de plusieurs dizaines de kilos de miel par ruche avec le colza (quand les colonies sont en situation de profiter de la miellée).


Le tournesol, oasis de nectar dans le désert estival

Le tournesol est une autre culture dont de nombreux apiculteurs ont beaucoup profité, et profitent encore. Mais, contrairement au colza, les surfaces de tournesol ont évolué à la baisse depuis une dizaine d’années. En effet, entre la fin des années 80 et le début des années 90, les surfaces oscillaient entre 800 000 et 1 million d’hectares, alors qu’en 2009 le tournesol ne recouvrait plus qu'environ 600 000 ha.

À l’instar du colza, le tournesol est abondamment fréquenté par les butineuses pour leur récolte de pollen : elles peuvent y trouver plus de 80 % de leurs apports quotidiens. Et si la valeur de 30 à 31 % de taux de protéines du pollen est reconnue dans la bibliographie, des essais récents (de l’Université de Gand en Belgique) ont montré que cette valeur peut varier du simple… au quadruple selon les variétés (mesure sur la durée de vie des ouvrières).


Intégrer l’abeille dans la protection des cultures

Ces ressources alimentaires massives que représentent les champs de colza ou de tournesol peuvent se transformer en pièges mortels si la présence de butineuses n’est pas intégrée par l’agriculteur dans ses pratiques de protection des cultures. Ceci est plus particulièrement valable dans le cas du colza, puisque cette culture est susceptible de recevoir un traitement insecticide au cours de sa floraison, en cas d’infestation de charançon et / ou de mélighètes et / ou de pucerons.

Afin d’éviter ces accidents d’intoxications d’abeilles domestiques par les agriculteurs cherchant à préserver le rendement de leurs cultures, de nombreuses précautions sont prises, à un peu prêt tous les niveaux de la vie d’un produit insecticide destiné à l’agriculture.

Au cours de la (longue) phase d’homologation du produit, de nombreux tests sont réalisés, aussi bien en laboratoire qu’en plein champ, aussi bien avec la matière active qu’avec le produit formulé, afin de mesurer la toxicité des produits. En conséquence, un produit qui ne répondrait pas aux critères des différents tests d’homologation (que ce soit les tests abeilles, sur les autres organismes, ou sur toute autre composante de l’environnement) n’a absolument aucune chance d’être un jour mis sur le marché. Ces méthodes de tests et ces schémas de décision témoignent que de très nombreuses précautions sont prises afin de s’assurer que les produits qui sont mis à disposition des agriculteurs sont les moins toxiques possibles pour l’environnement en général, et pour l’abeille domestique en particulier.

De plus, l’homologation classifie les produits utilisables en présence d’abeilles. En effet, seul un produit bénéficiant de la « mention abeilles » peut être utilisé au moment de la floraison d’une culture butinée par les abeilles (conformément à l’arrêté du 28 novembre 2003). L’utilisation de tout autre produit ne portant pas cette mention est strictement interdite pendant la floraison. Et pour obtenir cette mention, le fabricant doit fournir un complément spécifique au dossier d’homologation.
Source :
- Résultats du Réseau Biodiversité pour les Abeilles,

- T'ai H. Roulston; James H. Cane; Stephen L. Buchmann, What Governs Protein Content of Pollen: Pollinator Preferences, Pollen-Pistil Interactions, or Phylogeny?, Ecological Monographs, Vol. 70, No. 4. (Nov., 2000), pp. 617- 643

- Données SCEES provisoires automne 2009.


LIENS UTILESCONTACTLEXIQUEJACHERES APICOLESMENTIONS LÉGALES