Les Jachères Apicoles
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  (28/01/2014) Bilan du RBA de l’année apicole 2013




Au moment de commencer une nouvelle année, il est toujours intéressant de dresser un bilan de l’année écoulée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’actualité apicole aura été relativement chargée en 2013.


Je vous propose donc de revenir rapidement sur les événements qui ont marqué la filière apicole au cours de l’année passée, et qui n’ont pas été sans influence sur le contexte dans lequel notre association exerce son activité.


L’année 2013 aura d’abord été marquée par la publication en février du Plan de Développement Durable de l’Apiculture (PDDA) du Ministère de l’Agriculture. Malgré nos efforts, ce nouveau plan répète une erreur qui était déjà présente dans les précédents documents d’orientation politique pour l’apiculture : les moyens dédiés à l’étude et à l’amélioration des ressources mellifères ne sont toujours pas adaptés à l’importance de l’enjeu alimentation du cheptel. Encore une occasion gâchée. Nous espérons néanmoins que la pression que nous ne manquons pas de maintenir sur différents acteurs et décideurs finisse par porter ses fruits sous la forme d’ajustements de ce plan.


La mise en place de ce plan s’est concrétisée par une reprise en main par le politique du dossier abeille : les commissions techniques de l’ITSAP Institut de l’Abeille ont disparu au profit de commissions qui se tiennent désormais dans le cadre de France Agri Mer. L’Institut en sort affaibli, et apparaît davantage au service d’une orientation politique que guidé par des considérations techniques. Et l’allergie apparente d’une partie des apiculteurs et des techniciens à la lecture des publications scientifiques renforce encore ce phénomène. A coup sûr, ce genre de situation ne rappellera pas que de bons souvenirs à ceux qui ont connu l’ITAPI, l’ancêtre de l’ITSAP…


Mais l’année de la mise en place du PDDA restera aussi une année catastrophique pour l’apiculture française : avec un deuxième printemps froid et pluvieux consécutif (après un printemps 2012 qui avait déjà été particulièrement mauvais), la production de miel a encore reculé, à moins de 15 000 tonnes (et même moins de 10 000 selon certains !), nouveau plus bas historique pour l’apiculture française. Et pas vraiment une bonne base pour le développement durable de l’apiculture (même si la forte augmentation des cours du miel qui en a découlé est venue compenser un peu)…


Au moins, cela a clairement rappelé la réalité à ceux qui pensaient que de nouvelles suspensions de traitements de semences sauveraient l’apiculture : la disponibilité des fleurs, et l’accès à ces ressources permis ou non par la météo, reste le principal facteur de bonne santé de la filière apicole.


D’ailleurs, 2013 aura aussi été l’année de la publication de nouvelles confirmations scientifiques de l’importance de l’alimentation des pollinisateurs. Sans se lancer ici dans une revue bibliographique, soulignons néanmoins une analyse de 71 précédentes études, parue au printemps 2013 dans une revue référence en écologie scientifique  : où il apparaît que la réintroduction de ressources alimentaires sous forme de bandes fleuries est la pratique la plus efficace pour favoriser les pollinisateurs sauvages, quel que soit le type de paysage ou d’agriculture considérée.


Ce genre de résultats, couplés aussi à l’exemple Roumain (pays qui a doublé sa production de miel quand en France elle était divisée par deux sur la même période), nous conforte dans notre volonté de poursuivre les efforts pour une meilleure intégration du facteur alimentation. Le RBA entrevoit aujourd’hui les perspectives pour devenir un moteur d’innovations pour l’apiculture.


Notre contribution dans les lieux de décision politique est écoutée avec attention, et sa valeur reconnue. Mais elle ne nous vaut toujours pas, en retour, la mise à disposition des moyens qui nous permettrait d’expérimenter la mise en application de nos propositions. Alors, en attendant que les pouvoirs publics nous aident dans ce sens, le soutien de nos adhérents et de nos partenaires nous est plus que jamais nécessaire pour continuer à avancer et contribuer au renouveau de l’apiculture française.



Philippe LECOMPTE

Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles


Reproduction autorisée avec mention : © Réseau Biodiversité pour les Abeilles

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