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  (18/03/2015) Les métabolites secondaires des plantes, sources d’automédication pour les bourdons !

Des chercheurs américains se sont penchés sur les métabolites secondaires que l’on retrouve dans le nectar de certaines plantes, dans l’objectif de savoir comment réagissaient des bourdons subissant un parasitisme intestinal vis-à-vis de ces composés chimiques.

Pour rappel, les métabolites secondaires sont des molécules spécifiques aux plantes. Contrairement aux métabolites primaires, ils ne participent pas directement au développement de celles-ci. Selon les plantes, ces molécules peuvent leur servir à se protéger contre l’attaque de certains pathogènes ou d’herbivores, à attirer les pollinisateurs et/ou participer aux interactions allélopathiques vis-à-vis d’autres végétaux.

Ces métabolites secondaires peuvent aussi bien se retrouver dans les feuilles des plantes que dans leur pollen et leur nectar. Ainsi, certains métabolites secondaires peuvent avoir de réels effets (négatifs ou positifs) sur les pollinisateurs qui les consomment. Des chercheurs ont ainsi voulu évaluer quels étaient les coûts et bénéfices d’une telle consommation sur la survie et la reproduction des pollinisateurs. Pour cela, ils ont observé l’influence de plusieurs métabolites secondaires sur des bourdons infestés par le trypanosome Crithidia bombi. Ils ont notamment pu observer que certains alcaloïdes du tabac (anabasine et nicotine) pouvaient jouer un rôle dans la réduction de la prolifération du parasite chez les bourdons. Dans le cas de l’anabasine (un isomère de la nicotine), le bénéfice antiparasitaire est très important avec une réduction de la prolifération du parasitisme dans la colonie supérieure à 81%. De plus, bien que ces métabolites soient spontanément considérés comme toxiques, aucun effet négatif de ces métabolites sur la survie et la reproduction des bourdons infestés n’a été observé. Ceci montre que les pollinisateurs peuvent tirer des bénéfices médicinaux de ces composés chimiques. D’autres études ont même révélées que des pollinisateurs affectés par une pathologie étaient capables d’orienter leur butinage en direction de ces composés, en réponse à leur infection.

Ces résultats nous montrent que les pollinisateurs sont capables de choisir les plantes qu’ils butinent en fonction de leur état de santé, et ainsi réaliser leur automédication. Ainsi, le développement d’une ressource alimentaire avec les métabolites secondaires adaptés à proximité des colonies d’abeilles peut constituer une solution pour les maintenir en bonne santé.

Source: Richardson et al., Secondary metabolites in floral nectar reduce parasite infections in bumblebees, 2015, Proc. R. Soc. B 282: 20142471.
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