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  (31/07/2015) Une réduction de l’activité immunitaire chez les abeilles d’hiver à l'origine de l’effondrement des colonies?

Une récente étude vient de donner un élément complémentaire pour la compréhension du déclin hivernal des abeilles en régions tempérées. Pour mieux comprendre ce déclin, les chercheurs se sont intéressés aux différences physiologiques pouvant être observées entre les abeilles d’été et les abeilles d’hiver.

En effet, deux catégories d’abeilles se succèdent au cours d’une année dans une colonie :
  • - les abeilles d’été d’une durée de vie assez courte (de 4 à 6 semaines) et qui se décompose d'une période de travaux internes à la ruche pour les jeunes ouvrières et d’une période de butinage (collectes de miel et de pollen) pour les ouvrières les plus âgées (>21jours).
  • - les abeilles d’hiver, pouvant vivre jusqu’à 6 mois, vivent une période de latence où elles contribuent majoritairement à la thermorégulation de la colonie. Elles préparent aussi la colonie à son futur développement en s’occupant du couvainEnsemble des œufs, larves et nymphes présents dans une ruche à l’approche de la fin de l’hiver. C’est ce processus qui permet de relancer l’élevage des nouvelles générations d’abeilles.
Cette différenciation permet à la colonie de faire face aux conditions extrêmes de la saison hivernale. Or depuis quelques temps d’importantes pertes de colonies d’abeilles ont été observées durant l’hiver. Selon les chercheurs ceci pourrait être dû à un disfonctionnement des défenses immunitaires et à une sensibilité accrue aux maladies chez les abeilles d’hiver.

Afin de tester cette hypothèse, ils ont mesuré et comparé l’activité de gènes immunitaires impliqués dans la réponse à l’infection du virus des ailes déformées (DWV, Deformed Wing Virus). Ils ont ainsi pu observer qu’il y avait bien une différence d’expression de ces gènes entre les abeilles d’été et les abeilles d’hiver. Chez ces dernières, l’expression de ces gènes est effectivement réduite à l’instar de leur activité physiologique. Cette particularité chez l’abeille d’hiver correspondrait aux adaptations évolutives qu’elles ont mis en place dans un souci d’économie d’énergie durant la période hivernale et du fait que durant cette période le risque d’infection à un pathogène était potentiellement faible. Selon les chercheurs c’est l’apparition du Varroa destructor, vecteur de maladies dont le DWV, qui permettrait l’émergence et la prolifération de maladies qui arrivent ainsi à exploiter cette vulnérabilité immunologique au sein de la colonie. Ceci montre combien le V. destructor joue un rôle prépondérant dans la perte de colonies durant l’hiver.

Il est donc important que les abeilles aient une bonne alimentation avant l’hiver afin qu’elles puissent constituer dans leur corps gras une réserve alimentaire suffisante et optimale pour la mauvaise saison et ainsi leur permettre de faire face à la prolifération des maladies. Dès lors, il s’avère primordial de disposer, au sein des paysages où se trouvent des colonies d’abeilles, d’une ressource alimentaire de qualité et disponible tout le long de la période estivale afin de diminuer les risques d’effondrement de ces colonies.

Source: Steinmann et al. 2015 Overwintering is associated with reduced expression of immune genes and higher susceptibility to virus infection in honey bee. PLoS ONE 10(6): e0129956. Doi:10.1371/journal.pone.0129956
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