Les Jachères Apicoles
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  (29/02/2016) Le rôle crucial des pollinisateurs sauvages dans la pollinisation des cultures !

Lorsque l’on parle de pollinisation des fleurs et des cultures agricoles, l’abeille domestique est la première à laquelle l’on pense. Or la pollinisation réalisée par les pollinisateurs sauvages - abeilles solitaires et autres insectes pollinisateurs (bourdons, mouches, syrphes, et autres coléoptères…) - est tout aussi primordiale. C’est ce que montrent Rader et al. dans un article paru récemment.

Dans cette étude, qui synthétise les résultats de plus de 39 études de terrain menées sur les 5 continents, les auteurs démontrent que même si les abeilles mellifères sont compétentes pour déposer du pollen sur un grand nombre de cultures, l’augmentation du nombre de leurs visites n’améliore pas la pollinisation des cultures contrairement aux abeilles sauvages et aux autres insectes pollinisateurs. En effet, même si pour ces derniers la quantité moyenne de pollen déposé par fleurs visitées est plus faible, ce déficit peut être compensé par une augmentation de la fréquence de fleurs visitées. Ces scientifiques révèlent aussi que c’est avec un assemblage varié de pollinisateurs (abeille domestique et pollinisateurs sauvages) que le service de pollinisation est le plus efficace. Ceci s’explique par la diversité des caractères fonctionnels et comportementaux que l’on peut retrouver entre chaque espèce de pollinisateurs, et qui combinées garantissent une certaine complémentarité des butinages. En effet selon les espèces, certains pollinisateurs vont pouvoir butiner des parties différentes d’une fleur ou d’une inflorescence, ou bien même différentes fleurs au sein d’une même plante, ce qui a pour conséquence d’améliorer qualitativement et quantitativement la pollinisation. De plus, en comparaison aux abeilles domestiques, les pollinisateurs sauvages peuvent polliniser à des moments de la journée et dans des conditions climatiques différentes.

Cette étude vient ainsi étayer les observations faites en 2014 par Garibaldi et al., qui reconnaissaient l’importance de privilégier la richesse des pollinisateurs plutôt que l’approche mono-espèces (p. ex. A. mellifere, Bombus ssp, Osmia spp) pour assurer la pollinisation et la production végétale. Car même si l’augmentation de l’abondance d’une seule espèce de pollinisateur peut assurer un service de pollinisation satisfaisant, ce n’est rien comparé à ce que peut engendrer, en matière de proportion de fleurs pollinisées et de qualité de production, la combinaison de plusieurs catégories de pollinisateurs.

Il s’avère donc essentiel de promouvoir le rôle bénéfique des pollinisateurs sauvages et de leur diversité pour les agrosystèmes. Notamment en incitant les acteurs des territoires agricoles à préserver et/ ou implanter des milieux semi-naturels (haies, jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) apicoles…) au sein de ces écosystèmes, afin d’assurer des zones d’alimentation et de nidification pour un grand nombre d’espèces pollinisatrices. En outre, cette augmentation de la disponibilité des ressources alimentaires aura également pour effet d’aider à la santé des colonies des abeilles domestiques en leur garantissant une alimentation riche et variée tout au long de la saison apicole.

Sources :
Rader et al. Non-bee insects are important contributors to global crop pollination. PNAS 2016, vol.113, n°1 p146-151.
Garibaldi et al. From research to action: enhancing crop yield through wild pollinators. Front Ecol Enviro 2014; 12(8): 439-447, doi:10.1890/130330
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