Les Jachères Apicoles
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  (13/04/2016) L’importance de la richesse nectarifère des paysages pour les populations de pollinisateurs

Des chercheurs ont dernièrement compilé les observations de différentes études menées en Grande-Bretagne de 1930 à 2007, dans le but d'évaluer l'influence de l’évolution des paysages britanniques sur la disponibilité alimentaire pour les pollinisateurs. Pour cela, ils ont évalué la richesse florale des paysages en combinant des relevés de végétation et des échantillons de nectar de plus de 260 espèces de fleurs. Le nectar étant la principale source énergétique pour les insectes pollinisateurs, l’estimation de la provision en nectar d’un paysage constitue ainsi un critère de référence pour en évaluer le potentiel alimentaire pour les pollinisateurs.

Cette étude montre qu’entre 1930 et 1978, il y a eu une forte diminution simultanée des provisions en nectar, de la diversité des ressources en nectar et des populations de pollinisateurs dans l’ensemble des paysages britanniques. Cette diminution est la conséquence des changements impliqués par la modernisation de l’agriculture sur la structuration des territoires, notamment sur la diminution des habitats naturels et semi-naturels au profit des terres arables, entrainant la perte des ressources florales. En effet, contrairement aux parcelles agricoles ce sont dans les zones non cultivées que les
plantes nectarifères sont les plus abondantes (et diversifiées) et donc que la ressource alimentaire pour les pollinisateurs est la plus intéressante.
 
La production de nectar est ensuite restée stable entre les années 1978 et 1998, jusqu’à augmenter de manière significative au sein des territoires agricoles et des écosystèmes prairiaux entre 1998 et 2007. Ce phénomène s’explique par les actions de restauration et de conservation qui ont été menées durant ces dernières années sur ces territoires et qui ont permis une revalorisation des ressources florales. Ces observations sont à mettre en parallèle avec l’étude de Carvalheiro et al. de 2013, qui a montré que ces périodes marquée par un début de conservation des territoires avaient permis de ralentir le déclin de certains groupes de pollinisateurs voire même d’en rétablir certains.

C’est pourquoi, afin d’atténuer la perte des pollinisateurs et de maintenir un service de pollinisation efficace, il est donc nécessaire de conserver et d’introduire des aménagements agro-environnementaux (haies, prairies, bosquets, jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia) apicoles…) au sein des paysages agricoles, dans le but d’assurer une ressource alimentaire de qualité et en quantité pour les pollinisateurs. Cette étude originale et riche d'enseignement mériterait toutefois d'être complétée par une étude sur les sites de nidification des pollinisateurs. En effet, comme tout organisme vivant les pollinisateurs ont besoin du gîte et du couvert pour se développer.

Source :
Baude, M. et al. Historical nectar assessment reveals the fall and rise of floral resources in Britain. Nature 530, 85–88 (2016).

Carvalheiro, L. G. et al. Species richness declines ans biotic homogenisation have slowed down for NW-European pollinators and plants. Ecology Letters 16, 870-878 (2013).
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