Les Jachères Apicoles
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  (21/01/2008) Pragmatisme américain : colloque sur le CCD à San Diego, Californie

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles avait déjà noté cet automne l’approche très pragmatique du monde apicole américain face au phénomène de dépérissement des colonies d’abeilles, dénommé outre-Atlantique « Colony Collapse Disorder ». Le colloque qui s’est tenu à San Diego, Californie, le 11 décembre dernier, a confirmé l’efficacité du processus d’analyse scientifique mis en œuvre par les chercheurs pour analyser finement les facteurs en jeu dans le phénomène.

Organisé parallèlement au congrès annuel de l’Association des Entomologistes américains, ce symposium a regroupé tous les acteurs qui travaillent sur le sujet. Leur principale conclusion est que malgré l’importance des moyens mis dans les différentes études, « nous n’avons toujours pas trouvé le coupable à l’origine des affaiblissements de colonies d’abeilles (CCD). En fait, il y a sûrement plusieurs coupables » selon Jeff Pettis, responsable de la section apicole du Ministère de l’Agriculture américain. Multifactoriel, vous avez dit ?

Où l’on a donc confirmation :

- de l’impact néfaste et prépondérant du varroa, toujours aussi pesant pour les colonies,

- que le Nosema ceranae ne peut plus être négligé, sa présence ayant été tracée dans des ruches américaines depuis… 1996, depuis plus de 10 ans donc. Cela confirme en tous cas les travaux espagnols du laboratoire de M. Higes, qui a été le premier à identifier ce parasite. Remis dans le contexte des autres découvertes récentes sur le sujet, qui pointent notamment une nuisibilité plus importante de Nosema ceranae que de Nosema apis, il s’agit bien d’un point majeur qui trouve ici confirmation, et qui mérite réflexion.

- Sur le plan de la virologie de l’abeille : de nombreux travaux ont été menés sur l’IAPV, variante israélienne du virus de la paralysie chronique, dont la dissémination internationale a également pu être mise en évidence (avec notamment confirmation de sa présence en Europe). Pressenti il y a quelques mois comme un responsable potentiellement majeur du CCD, il semble que les faits ne soient pas si simples que cela : la présence de CCD n’est pas systématiquement corrélée avec celle de l’IAPV. Donc, après identification des différentes souches de ce virus présentes, « reste à savoir quelle est sa virulence, si celle-ci diffère selon les souches et s’il est capable de provoquer des effondrements de colonies avec ou sans cofacteur », a souligné Dennis van Engelsdorp, coordinateur de l’équipe en charge du CCD.

- Les pesticides ont aussi été étudiés par les groupes de chercheurs américains. 117 produits ont ainsi été recherchés. Des produits insecticides d’origine apicole (utilisés pour traiter contre le varroa) ont été retrouvés le plus fréquemment, et aux concentrations les plus élevées dans les ruches.

Le Pr. Maria Spivak, de l’Université du Minnesota, résume les nombreuses informations présentées : les pathologies semblent être les principaux responsables du CCD, et sont sans doute favorisées par une alimentation carencée des colonies. Ensuite seulement sont évoqués les pesticides, d’origine apicole en premier lieu, d’origine agricole ensuite.

Ainsi, on ne parle plus seulement de « causes multifactorielles », mais on commence à pouvoir scientifiquement et officiellement hiérarchiser entre elles ces différentes causes. C’est un pas en avant majeur pour s’attaquer aux véritables raisons du dépérissement des abeilles.

Un nouveau colloque, de plusieurs jours cette fois-ci, s’est déroulé il y a une dizaine de jours à Sacramento, pour développer davantage les informations présentées à San Diego.

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