Aucun entretien chimique
Pour que les surfaces de bandes enherbées offrent autant de bénéfices environnementaux que possible, il n’y a pas que leur emplacement qui a été raisonné. Qu’ils se situent en bordure d’un cours d’eau ou non, ces couverts sont soumis à des règles très strictes pour ce qui est de leur entretien.
Une partie de ces surfaces se situant en bord de cours d’eau, la première règle générale, dans l’objectif de limiter la pollution, est l’interdiction d’utilisation de produit phytopharmaceutique et des épandages d’engrais, tout au long de l’année. L’irrigation de ces surfaces est également interdite (et ce que l’on soit en bordure ou hors bordure de cours d’eau).
Les agriculteurs étant obligés par la réglementation PACPolitique Agricole Commune d’entretenir ces bandes et ces parcelles, mêmes pour celles déclarées en gel, l’entretien mécanique — par broyage notamment — est alors la seule solution si des espèces indésirables venaient à fleurir sur ces parcelles.
Un choix d’espèces variables
Un autre point important de la réglementation de la BCAE n°1 distingue les surfaces qui se trouvent en bordure de cours d’eau de celles qui ne le sont pas. Le nombre des espèces autorisées en tant que couverts environnementaux est plus important pour les surfaces hors bordure de cours d’eau.
Cette liste, donnée au niveau national en 2005, est adaptée de la liste des 35 espèces autorisées sur jachère agronomique classique. Comme pour la liste des espèces autorisées sur jachèresLa jachère est l'état d'une terre arable au repos dans l'intervalle entre deux cultures. Le terme désigne aussi, par métonymie, cette terre elle-même (source : Wikipédia), elle peut légèrement varier entre les départements, selon qu’un arrêté a été pris ou non pour la préciser.
La principale explication au nombre plus réduit d’espèces autorisées en bordures de cours d’eau est que les espèces de la famille des légumineuses y sont presque toutes interdites. Bien connues pour ne pas nécessiter de fertilisation azotée, grâce à leur capacité à fixer l’azote de l’air, ces plantes n’ont pas été retenues pour les bordures de cours d’eau : elles sont totalement interdites dans les zones dites « vulnérables nitrates » (à l’exception près de la luzerne), où les problématiques liées aux nitrates sont prépondérantes. Seules 5 d’entre elles (luzerne, lotier, minette, sainfoin et trèfle blanc) sont autorisées en bordure de cours d’eau hors zone vulnérable nitrates.
Cette décision de limiter les possibilités d’utilisation des légumineuses en bordure de cours d’eau, décision qui pourrait être encore discutée d’un point de vue agronomique, a en tous cas un impact direct sur l’intérêt apicole que peuvent avoir ces 3% de couverts environnementaux. Ce sont surtout les surfaces hors bordures de cours d’eau, et les bordures de cours d’eau hors zone vulnérable nitrates, qui peuvent permettre de proposer un intérêt apicole, dans les cas où une ou plusieurs espèces présentant un intérêt pollinifère / nectarifère sont retenues pour l’implantation.
Mise à jour - septembre 2008 : plus de possibilités pour les légumineuses en bordures de cours d'eau
Une note ministérielle datée de fin juillet 2008, qui présente les évolutions pour la campagne 2009 des ces BCAE, précise au niveau de la liste des espèces autorisées sur les bandes enherbées de bordures de cours d'eau, "la liste des couverts autorisés pourra être élargie aux dicotylédones (afin de favoriser les pollinisateurs par exemple)", cette incitation restant à valider dans chaque département par les groupes de travail concernés.
Un pas en avant très positif de la part du ministère de l'agriculture ! Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles espère que cette incitation sera suivie autant que possible par les autorités départementales. Et va travailler avec les semenciers partenaires de sa démarche à l'élaboration de compositions toutes prêtes pour que les agriculteurs volontaires puissent implanter facilement des couverts à intérêt apicole sur les bandes enherbées. |