Présentation
Parmi les différentes modalités (cf schéma) pour conduire les parcelles gelées, le gel industriel (aussi appelé gel « non-alimentaire ») tient une place un peu à part. En effet, en années normales les agriculteurs sont soumis à restriction de récolte ou d’utilisation des parcelles de gel agronomique, environnemental ou cynégétique : la récolte ou l’utilisation des parcelles ne peut se faire : - avant le 31 août sauf années de forte sécheresse en gel agronomique ou environnemental (autorisation par décret départemental), - en gel cynégétique : avant le 31 août pour les contrats classiques, toute l’année (de janvier n à janvier n+1) pour les contrats adaptés, Le gel industriel, au contraire, est le seul type de jachère à être cultivée avec l’objectif de récolter les graines produites.
La dénomination « industriel » ou « non-alimentaire » provient du fait que les graines récoltées sur ces parcelles ne doivent en aucun cas servir à l’alimentation humaine ou animale, ni être utilisées comme semences, mais sont destinées à être transformées à des fins industrielles non-alimentaires. Ainsi, par exemple, les graines des colza cultivés en tant que jachères industrielles sont récoltées pour être transformées en biocarburant.
Hormis le colza, les principales cultures susceptibles d’être semées sur jachère industrielle sont les céréales (blé éthanol par exemple), d’autres oléagineux (tournesol), la betterave, le lin, le chanvre, et certaines plantes utilisées en parfumerie ou en médecine.
Avec la volonté gouvernementale clairement affirmée de développer l’utilisation des biocarburants, les jachères industrielles, de colza diester notamment, vont sans doute voir leurs surfaces augmenter significativement dans les années à venir. Et les agriculteurs vont sans doute être de plus en plus nombreux à consacrer une grande partie de leur obligation de gel aux jachères industrielles. En 2002 / 2003 , le gel industriel occupait déjà plus de 350 000 hectares.
Quels intérêts environnementaux ?
Les parcelles de gel industriel sont conduites de manière classique par les agriculteurs : une parcelle de colza ou de blé « industriel » reçoit le même itinéraire technique (travail du sol, protection des plantes) qu’une parcelle de colza ou de blé destinée à l’alimentation humaine ou animale : en effet, le rendement et la qualité des grains doivent être optimums pour assurer les transformations industrielles.
D’un point de vue environnemental, les jachères industrielles peuvent présenter deux intérêts non négligeables :
- Tout d’abord, bien sûr, avec la production de carburant de substitution aux hydrocarbures à base de pétrole ; les biocarburants produisent environ 4 fois moins de gaz à effet de serre que l’essence et le gazole ;
- Enfin, d’un point de vue apicole et entomophile, la jachère industrielle, quand elle est semée en colza (tournesol, lin ou autres espèces pollinifères et / ou nectarifères) apporte aux abeilles et aux autres insectes butineurs des ressources alimentaires. Une augmentation des surfaces de ces cultures liée au développement des jachères industrielles, est ainsi bénéfique à l’apiculture : même si les jachères industrielles n’apportent pas de diversification des cultures dans l’environnement des ruches, elles permettent d’augmenter les quantités d’aliments, nectar et pollen. Cette augmentation des quantités de nectar et de pollen, sans diversification par rapport aux cultures classiques, ne diminue pas l’intérêt des jachères apicoles, qui gardent l’objectif de combler autant que possible les déficits nectar et pollen qui peuvent survenir entre les floraisons des espèces cultivées.
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