Les Jachères Apicoles
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Dépérissement des abeilles   
  LE CLIMAT

Les conditions climatiques influent de façon prépondérante sur l’activité saisonnière des colonies d’abeilles et des autres insectes butineurs. Quand elles deviennent défavorables à l’activité des butineuses, il convient de s’intéresser à leurs impacts potentiels, aussi bien sur le développement de la colonie que sur ses capacités de production de miel, .

Globalement, en saison active (de février - mars à septembre - octobre), un mauvais temps prolongé est l’ennemi de l’activité des abeilles. Pour pouvoir aller récolter nectar et pollen dans leur environnement, les butineuses doivent attendre des conditions climatiques qui leur conviennent :
- température extérieure d’au moins 13 ou 14°C (donc, durant les premières semaines d’activité à la sortie de l’hiver, uniquement durant les journées bien ensoleillées),
- absence de précipitations,
- vent limité (par exemple, au-dessus de 43 km/h, le vent fait graduellement disparaître les abeilles d’un champ de trèfle violet).

Certaines années, les journées cumulant ces conditions peuvent être moins nombreuses. Un « rattrapage » de ces journées non propices au butinage est sans doute en partie réalisé dès que les conditions redeviennent clémentes, mais ce qu’il faut retenir, c’est que quand de telles journées défavorables au butinage s’enchaînent, les butineuses ont des possibilités de récolte très limitées, ce qui peut devenir pénalisant si cette situation se prolonge trop longtemps. En effet, quelle alimentation pour les larves qui bénéficieront des pollens récoltés à ce moment-là, si les stocks dans la ruche sont limités ? D’autre part, de telles conditions météo, en fin d’hiver, limitent les possibilités pour la colonie de sortir pour des vols de propreté (nettoyage de la ruche), ce qui est propice aux maladies.
Autre point à comprendre : si de telles conditions climatiques défavorables coïncident avec une situation de miellée (production de nectar à grande échelle, par exemple sur une parcelle de colza ou de tournesol), la production de miel en sera limitée.

A noter également, toujours à propos de l’influence du climat sur le développement des colonies : au printemps, si les stocks de pollen dans la ruche sont limités, la reprise de la ponte et de l’élevage sera conditionnée par l’arrivée de pollens frais. Plus cette reprise de l’élevage sera retardée en saison, plus la colonie accumulera du retard par rapport à une saison « normale ».
De même, si les conditions climatiques limitent la récolte de pollen au moment de la préparation à l’hivernage, la situation peut être dangereuse pour les colonies (cf. la rubrique alimentation de l’abeille pour l’importance de l’alimentation pollinique à cette période clé de la saison apicole).

Des difficultés d’un hiver trop rigoureux :

Les colonies d’abeilles sont organisées pour résister aux températures froides de l’hiver, en formant une grappe d’abeilles, pour conserver la chaleur à l’intérieur de la ruche. Les capacités de résistance des abeilles aux températures froides sont très importantes, mais les limites de cette résistance au froid peuvent être atteintes lorsque l’hiver se prolonge et rogne sur les premiers jour du printemps. En effet, si les quantités de nectar et de miel (c’est à dire de glucides, source d’énergie — et donc de chaleur — pour la colonie) stockées pour l’hivernage sont insuffisantes, et viennent à s’épuiser du fait de la prolongation des températures hivernales, la colonie peut mourir de froid, faute de « carburant » pour se réchauffer.


De l’influence du climat sur les plantes

Autre point important : si l’influence du climat est importante sur les insectes butineurs, elle l’est aussi, et peut être même davantage, sur les plantes, considérées comme productrices de nectar et de pollen.
La production de nectar par une plante est conditionnée par les conditions de température, d’hygrométrie (humidité de l’air), et d’humidité du sol. Par exemple, des températures élevées sont favorables à l’ouverture des fleurs, mais peuvent être néfastes si elles atteignent des niveaux caniculaires (phénomène de défloraison), d’autant plus que cette canicule se prolonge.
Mais déjà, avant même de savoir si la température est propice à la production de nectar, il est déjà nécessaire que la plante dispose de suffisamment d’eau dans le sol pour produire son nectar. Ainsi, la production de nectar est plus faible, et ce à grande échelle, durant les années de sécheresse, qui sont des années où la production de miel reste à des niveaux relativement faibles.



Source  :
- Association de Coordination Technique Agricole (ACTA) et Institut Supérieur d'Agriculture de Rhône-Alpes (ISARA-Lyon - Orry S.), 2000, Impact des produits agropharmaceutiques sur le comportement des abeilles (Apis mellifera mellifera). Mise au point d’une méthodologie permettant d’évaluer, en plein champ, l’impact de doses sublétales de produits agropharmaceutiques sur le comportement des abeilles.

- Jablonski, 1960. In : BASF Agro, juin 2005, 2è Colloque Technique Apicole. Book du colloque du 16 mars 2005 à Lyon.

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