Les Jachères Apicoles
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Communiqués de presse   
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   Novembre   
 10/11/2011 Le Parlement encourage les productions agricoles favorables à l'alimentation des abeilles telles que le colza et le tournesol
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   Octobre   
 26/10/2011 En 2012, les jachères apicoles vont continuer à se développer
                               En 2012, les jachères apicoles vont continuer à se développer
                                  1ha de jachère apicole = 2 hectares pour l’environnement.

Pour lutter efficacement contre la faim des abeilles, les pouvoirs publics renouvellent leur encouragement au développement des oasis de biodiversité dans le secteur agricole.

En 2012, 3% de la SAU (Surface Agricole Utile) des exploitations devra être consacrée à des
aménagements à vocation environnementale. Ces règles de bonnes pratiques sont obligatoires pour toucher les aides de la Politique Agricole Commune dont la réforme est actuellement en discussion à Bruxelles. Ce taux de 3% reste inchangé par rapport à 2011 et les modes de calculs n’ont été modifiés qu’à la marge. Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles se félicite de la décision de maintenir le coup de pouce réglementaire au développement des jachères apicoles qui conservent leur coefficient 2. Concrètement 1ha de jachère apicole = 2 hectares. Ainsi, sur une exploitation de 100 ha,

3 ha doivent être dédiées aux BCAE (Bonnes Conditions Agricoles et Environnementales). Pour remplir ces conditions, l’agriculteur pourra soit mettre 3 ha en jachère spontanée soit 1,5 ha en jachère apicoles. C’est donc un encouragement très fort au développement des jachères apicoles en 2012.
Un aménagement efficace La décision du Ministère de l’Agriculture de renouveler son soutien au développement de la démarche est le signe de la prise de conscience de son efficacité. Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles agit au quotidien pour sensibiliser les acteurs du monde agricole sur
l’importance du bol alimentaire des abeilles et son impact sur leur santé. Il est désormais reconnu qu’une alimentation en pollen et en nectar de qualité, en quantité suffisante et d’origine diversifiée contribue à maintenir et à renforcer la défense immunitaire des abeilles.

La mise en place de ces jachères apicoles a un effet très important sur le bol alimentaire des
abeilles. En effet, leur présence sur seulement 0,5% de la zone de butinage des abeilles contribue en moyenne aux deux-tiers de l’alimentation des butineuses pendant la période de
floraison. L’enjeu est de taille puisque le pollen est l’unique source d’alimentation des abeilles en protéines qui jouent un rôle clé dans le système immunitaire mis à rude épreuve par l’ennemi N°1 des abeilles : le Varroa (parasite externe de l’abeille), le Nosema ceranae sans oublier les virus et les pathologies opportunistes.

Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles se fixe comme objectif la conversion de 10.000 ha
en jachère apicole d’ici 2014. Un chiffre qui pourrait être atteint en grande partie dès 2012.
A propos du RBA Association qui rassemble plus de 350 partenaires du monde agricole (apiculteurs, agriculteurs, coopératives..) et non agricole (entreprises, associations, collectivités, ministères…). Elle a été initiée à partir de l’expérience de Philippe Lecompte, apiculture bio qui a lancé les premières jachères apicoles sur la Montagne de Reims dès 1992.

Aujourd’hui en développement dans les pays de l’Union Européenne, le Réseau Biodiversité pour les Abeilles s’engage au quotidien pour améliorer la gestion des territoires. Un programme de gestion des bords de routes favorables aux abeilles en partenariat avec le Ministère de l’Ecologie ainsi qu’un programme pilote de Trame Verte et Bleue rappellent que la biodiversité est l’affaire de tous.
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   Septembre   
 30/09/2011 Des fleurs pour faire face à la pénurie de pollen et de nectar pour les abeilles
                     Face à la pénurie de pollen et de nectar: des fleurs pour sauver les abeilles

Plus de 30.000 hectares dédiés à l’alimentation des abeilles pour renforcer leur défense immunitaire et lutter contre leur surmortalité. A l’heure où la Commission Agriculture du Parlement Européen doit adopter un rapport sur la santé des abeilles préconisant d’améliorer la ressource alimentaire en pollen et en nectar pour les butineuses, le Réseau Biodiversité pour les Abeilles et le Groupe Soufflet s’engagent sur le terrain pour conjuguer efficacement agriculture et biodiversité. Plus de 30.000 ha sont ainsi transformés en véritable garde-manger pour abeilles ; les intercultures mellifères offrant aux abeilles le pollen et le nectar dont elles ont besoin, particulièrement en ce moment. L’automne, qui marque la fin de l’année apicole, est une période très importante pour les colonies qui ont en ce moment d’importants besoins nutritionnels pour assurer un bon hivernage et limiter les mortalités d’hiver. Pourtant, le pollen et le nectar ne sont pas suffisamment disponibles dans l’environnement pour satisfaire les abeilles.

La visite sur le terrain du 6 octobre sera l’occasion de découvrir les premiers résultats des expérimentations conduites par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles et le Groupe Soufflet sur l’intérêt de la moutarde brune Etamine pour les abeilles qui présente en outre de nombreux bénéfices agronomiques. Son important développement racinaire contribue à améliorer la structure du sol. Son développement précoce facilite une association avec des légumineuses pour enrichir le sol en azote. C’est l’objectif des mélanges de la gamme MICA conçus et commercialisés par Soufflet Agriculture. L’ensemble des acteurs présents (agriculteur, apiculteur, technicien, animateur) feront également le point sur la crise apicole et expliqueront comment il est aujourd’hui possible et nécessaire de conjuguer bénéfices agronomiques et biodiversité.
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   Juillet   
 06/07/2011 Malgré la sécheresse, les jachères apicoles de la Champagne ont bien fleuri
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   Juin   
 23/06/2011 Le Monde agricole renforce son action pour la sauvegarde des abeilles
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 09/06/2011 Le Monde agricole renforce son action pour la sauvegarde des abeilles
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 08/06/2011 Mortalité des abeilles: de nombreuses causes - Le bol alimentaire, un facteur clé
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 01/06/2011 Affaiblissement et mortalité des colonies d'abeilles: Bilan scientifique et perspectives
                                           Journée Mondiale de l’Environnement - 6 juin 2011
                  Affaiblissement et mortalité des colonies d’abeilles : Bilan scientifique et perspectives
 

COMMUNIQUE DE PRESSE

La Journée Mondiale de l’Environnement rappelle le rôle primordial et essentiel joué par les abeilles. Au rang des enjeux environnementaux, la pollinisation occupe en effet une place centrale : 70% des espèces végétales dans le monde sont dépendantes de cette pollinisation. 30% de la valeur de la production agricole mondiale est ainsi liée au service de la pollinisation.
Principal agent de ce service écosystémique, l’abeille domestique est aujourd’hui au coeur d’une grave crise internationale. La mortalité des abeilles est un sujet régulièrement évoqué. Parasites, pathologies, pollutions, pratiques agricoles et apicoles, carences alimentaires sans oublier les facteurs météorologiques : les causes sont nombreuses. Les phénomènes d’affaiblissements, de mortalités et de surmortalités sont observés dans les colonies d’abeilles depuis de nombreuses
années.

La Journée Mondiale de l’Environnement nous offre l’occasion de faire le point sur l’origine de cette crise apicole et d’évoquer les pistes et réponses qui commencent à être mises en oeuvre sur le terrain. Dennis Van Engelsdorp, expert mondialement reconnu par la communauté scientifique pour ses travaux de recherche sur l’origine du déclin des pollinisateurs et Pascal Peduzzi, expert auprès du Programme des Nations Unies pour l’Environnement dresseront un bilan des dernières avancées scientifiques dans le monde. Philippe Lecompte, apiculteur professionnel bio et pionnier des jachères apicoles, véritable garde-manger pour les abeilles, rappellera l’importance du bol
alimentaire pour les abeilles et illustrera son propos par des exemples d’aménagements du monde agricole et du monde non agricole favorables à l’augmentation de la ressource alimentaire pour les butineuses. Jean-Pierre Bugada, Responsable de la communication France et Monaco de l’ONU introduira les échanges et rappellera la volonté des Nations Unies de s’engager en faveur de la sauvegarde des abeilles et du service de la pollinisation à travers ses différentes unités.
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   Janvier   
 26/01/2011 Conjuguer gestion des territoires et biodiversité
                             Conjuguer gestion des territoires et biodiversité

1. Préambule
Mettre en place de véritables indicateurs
Focus : l’apiculture au coeur des écosystèmes agricoles

2. Enjeu : conjuguer agriculture et maintien des services agroécosystémiques

3. De la réglementation à la formation
Focus - Améliorer la ressource pour les pollinisateurs : un indicateur de biodiversité

1/ Préambule : difficultés et espoirs
Les enjeux de la biodiversité sont essentiels. Les objectifs fixés par l’Union Européenne en la
matière sont ambitieux. Stopper l’érosion de la biodiversité fin 2010 dans les pays membres comme initialement prévu ne pourra pas être atteint. Aussi est-il important de tirer tous les enseignements de cet échec pour mettre en oeuvre une véritable démarche de progrès afin d’atteindre au plus vite le résultat optimal pour le maintien de la biodiversité européenne. Au rang des enjeux de la biodiversité, la pollinisation occupe une place centrale : 70% des espèces végétales dans le monde sont dépendantes de cette pollinisation. A titre d’exemple, 30% de la valeur de la production agricole est ainsi liée au service de la pollinisation.

Toutefois, nombre d’observateurs le constatent : il peut être difficile de maintenir et de renforcer la biodiversité en milieu agricole. Il est néanmoins possible d’élargir le champ d’analyse et d’appréhender cet enjeu au niveau de nos territoires. La biodiversité ne se limite pas aux parcelles et aux exploitations agricoles. Elle est un enjeu multi acteurs : Etats, collectivités territoriales, entreprises, particuliers, tous sont directement concernés par la biodiversité. Mais du fait des surfaces occupées, il est évident que le monde agricole est un des acteurs majeurs de ce chantier.

Si l’objectif 2010 n’est pas atteint en Europe, il est cependant important de savoir reconnaître les actions positives mises en oeuvres ces dernières années par le monde agricole ou impulsées par lui. Certaines expérimentations agronomiques pour conjuguer efficacement agriculture de qualité et biodiversité (itinéraires techniques biodiversité, pratiques culturales, aménagements favorables aux pollinisateurs) ouvrent des perspectives intéressantes. Il en est de même au niveau de la mise en place d’infrastructures environnementales comme les trames vertes en France. L’exemple du Programme Symbiose en Champagne Ardenne démontre que le travail commun des acteurs du monde agricole (agriculteurs, distributeurs, fournisseurs, organisations professionnelles, instituts techniques) et du monde non agricole (entreprises, collectivités, pouvoirs publics, scientifiques, particuliers) est possible. Basée sur la concertation et le dialogue, cette méthodologie se révèle exemplaire. L’analyse de ce type d’actions pilotes au sein de nos territoires démontre que la biodiversité est omniprésente (espace agricole, bords de routes, réseaux structurants de communication, réseaux de distribution d’énergie, espaces verts industriels et communaux, jardins privés…) : elle doit donc être gérée par l’ensemble des acteurs. Faciliter ce type d’organisation se
révèle donc un des enjeux politiques de l’action de l’Union Européenne en matière de défense de la biodiversité, y compris dans le cadre de la politique agricole commune. L’exemple de l’impact positif de la PAC de 1992 sur les indicateurs oiseaux peut ici être rappelé. C’est à partir de 1992 que l’érosion des indicateurs oiseaux a pu être stabilisée. Ce type de succès doit avoir une valeur d’exemple pour que chacun puisse en tirer des conclusions pour son propre domaine d’actions et repartir à la conquête de la biodiversité. S’il faut reconnaître les efforts entrepris, il faut aussi aller plus loin. La mise en place concertée d’indicateurs de progrès est une nécessité. L’objectif en est simple : avoir une vision claire de la situation initiale et de son évolution, ainsi que du bilan qui pourra en être fait mais aussi éviter d’éventuelles erreurs dans l’orientation des actions. La mise en oeuvre de ces indicateurs biodiversité doit être réalisée en parallèle d’un état des lieux objectif au
sein des pays membres qui permettra de mettre en évidence des zones d’actions prioritaires. Cette intégration de la biodiversité à l’échelle du territoire est un gage de cohérence et d’efficacité. Face à une approche qui pourrait être trop généraliste et approximative, il convient de privilégier une approche pragmatique et précise en lui associant une réglementation cohérente, en particulier dans le domaine agricole. Focus : L’apiculture au coeur des écosystèmes agricoles La mortalité des abeilles est un sujet régulièrement évoqué. Si des intoxications accidentelles provoquées par une mauvaise utilisation de produits phytosanitaire peuvent encore exister localement, elles ne peuvent expliquer à elle seule les mortalités qui années après années s’aggravent selon les scientifiques.
Les fortes mortalités observées dans certaines zones de montagne et les nombreux exemples de faibles mortalité en zone de grandes cultures associés à un bon état sanitaire conduisent à privilégier une approche multifactorielle de la crise apicole européenne et mondiale. Le Varroa, espèce invasive et parasite de l’abeille qui a été introduit en Europe dans les années 80, fait des ravages et affaiblit considérablement les colonies. Il est qualifié d’ennemi numéro 1 par les spécialistes. D’autres parasites, vraisemblablement par opportunisme du fait de l’affaiblissement des ruches, se développent et compliquent plus encore la situation (Nosema ceranae, virus,…).
Cette situation de fragilité sanitaire est aggravée par l’absence de ressources alimentaires constituées de pollen (protéines) et de nectar (glucides). La simplification des écosystèmes agricoles provoque des périodes de ressources importantes auxquelles succèdent des disettes alimentaires pour les abeilles. Le bol alimentaire des abeilles est néanmoins amélioré par des aménagements réalisés par le monde agricole (jachères apicoles). La mise en place de ces zones de compensation écologique, véritables oasis de biodiversité, sur un espace très marginal de la zone de butinage des abeilles (0,5%) contribue en effet, en moyenne, à 66% de leur alimentation quotidienne en pollen.

- Favoriser la ressource alimentaire aussi bien dans le monde agricole que non agricole, par des aménagements propres ou de simples évolutions des modalités de gestion de nos territoires permet de renforcer la défense immunitaire des abeilles. C’est en ce sens une réponse efficace, à défaut d’être la solution définitive, à la crise que traverse le secteur apicole européen et international depuis une vingtaine d’années. Les actions en faveur d’une déclinaison opérationnelle de la biodiversité constituent donc une réponse à la crise apicole tout autant qu’elles créent un cercle vertueux. Un cheptel apicole en bonne santé permet en effet d’assurer efficacement le service de la pollinisation des cultures agricoles autant que des espèces sauvages.

2/ Enjeu : conjuguer tous les types d’agriculture avec la biodiversité
Agriculture et biodiversité sont interdépendantes, chacune tirant les moyens de son existence et de son développement de l’autre. L’agriculture doit donc poursuivre une meilleure intégration de la biodiversité dans ses pratiques culturales. La mise en place de certains aménagements (bords de champs, jachères apicoles, haies…) contribuent à maintenir la biodiversité à travers ses écosystèmes. Les services rendus à la biodiversité par l’agriculture impliquent aussi les services rendus par la biodiversité à l’agriculture. L’objectif est de créer les conditions d’un cercle vertueux
dans la relation agriculture et biodiversité. Par exemple, les cultures agricoles favorables aux pollinisateurs (colza, tournesol, luzerne…) contribuent à leur alimentation et par voie de conséquence au maintien du service public de la pollinisation. Ainsi, la réflexion sur la politique à conduire s’articule autour de trois points :

1. Encourager l’expertise biodiversité dans le monde agricole. Les agriculteurs et techniciens du monde agricole doivent acquérir des techniques favorables à la biodiversité. Ils doivent être formés à la maîtrise des indicateurs. Des outilspédagogiques doivent être développés pour répondre à ce besoin. Si des outils d’aide à la décision commencent à émerger, il faut encourager leur développement.

2. Développer la connaissance des bénéfices agronomiques du service de la biodiversité. La qualité de la pollinisation a évidemment un impact direct sur les rendements agricoles. Toutefois, la bibliographie scientifique est à ce jour insuffisante pour y répondre. Selon les études, les gains de rendements liés à une pollinisation optimale en production de colza vont de 0 à 20% ! Le nombre de ruches à l’hectare conseillé est lui aussi très variable (2 à 4 ruches sur colza, 5 à 8 sur la luzerne ou 2,5 à 4,4 sur melon à titre d’exemple). Ce travail d’expertise est une urgence pour valoriser sur le plan agronomique les services rendus par la biodiversité.

3. Les services rendus par les agriculteurs au profit de la biodiversité doivent être récompensés sur le plan agronomique mais aussi économique. Certaines MAE, en France au moins, remplissent actuellement cette fonction. Sans doute faudra-t-il aller plus loin demain et mieux encourager certaines pratiques comme par exemple les cultures favorables à l’alimentation des pollinisateurs. A titre d’exemple, les zones à Haute valeur naturelle (HVN) peuvent jouer ce rôle en combinant trois facteurs: diversité d'assolement, extensivité des pratiques et densité des éléments paysagers,
contribuant au maintien d'une biodiversité remarquable.

3/ De la réglementation au développement des services agrosystémiques:
Si les acteurs du monde agricole sont aujourd’hui engagés dans des pratiques permettant de
concilier agriculture de qualité et préservation de la biodiversité, il faut encore encourager leur développement. Il convient donc de lever les freins actuels :
- limiter le coût engendré par l’instabilité réglementaire
- harmoniser les conditions de production au sein des pays membres pour éviter toute forme de distorsion de concurrence.
- Certaines initiatives bénéfiques, comme certaines BCAE en France (bandes enherbées, surfaces en éléments topographiques), pourraient être étendues et valorisées par la PAC
- la liberté d’action des agriculteurs doit être renforcée pour encourager l’innovation dans la conjugaison de l’agriculture et de la biodiversité. Plus qu’une crainte de pénalité financière, une valorisation économique des pratiques est préférable et doit être généralisée.
Au-delà de l’évolution réglementaire, la question de la formation du monde agricole est à nouveau au coeur du dispositif. Si l’on souhaite un programme ambitieux, il faut expliquer avec pédagogie ses objectifs, ses enjeux, ses moyens et ses indicateurs. La formation nécessite une double approche :
- Qu’est-ce que la biodiversité ? Quelles sont les spécificités propres à la biodiversité
dans le monde agricole ? Quels sont les indicateurs adoptés de manière concertée ?
- Quelles actions à entreprendre ? Quelle échelle de déclinaison opérationnelle ? Quels
coûts et quels modes de financements possibles ?
Il est également indispensable de recenser et faire connaître les diverses actions existantes et leurs résultats. Le partage de connaissances est une source majeure pour initier de nouvelles actions. L’Union Européenne a ainsi un rôle à jouer à ce niveau pour amorcer les évolutions nécessaires à l’amélioration de la relation agriculture – biodiversité. Ces évolutions permettront alors d’ouvrir des perspectives. Biodiversité, eau, réserves naturelles remarquables, le champ d’action du monde agricole est vaste. L’innovation des pratiques est indispensable pour expérimenter à l’échelle d’un territoire les pratiques qui seront peut être adoptées par l’ensemble des pays membres dans quelques années. La biodiversité doit certes être gérée à l’échelle de la parcelle ou de l’exploitation agricole, mais plus encore à l’échelle d’un territoire ou d’un bassin de production aux conditions pédoclimatiques cohérentes.

Au niveau du financement à court et moyen terme, le pacte entre le consommateur et l’agriculteur sur une production agricole de qualité, accessible à tous (maintien de la sécurité alimentaire) et appuyée par un certain niveau d’intégration de la biodiversité dans les pratiques relève du 1er pilier (exemple : soutien aux cultures agricoles pollinifères). Les actions complémentaires permettant d’innover et d’aller plus loin dans le maintien et la restauration des services écosystémiques agricoles relèvent quant à elles du 2ème pilier. Ce pacte entre l’UE, les pays membres et les agriculteurs pourrait être élargi dans le cadre de projets multi-acteurs , en particulier aux entreprises qui pourront demain travailler avec le monde agricole à des actions en faveur de la biodiversité. C’est déjà le cas dans certains pays membres et de manière expérimentale. Une déclinaison à une échelle plus importante est envisageable et repose sur l’initiative des partenaires et la liberté d’action.
A long terme, un mode de financement complémentaire peut être envisagé via le consommateur qui pourrait ainsi participer au maintien de ces services. Certains produits dont la méthode de production contribue directement au maintien de services agroécosystémiques pourraient ainsi être labellisés et facilement identifiables pour le consommateur, comme le sont par exemple les labels de l’agriculture biologique et du commerce équitable. Une labellisation « biodiversité » permettrait ainsi d’assurer une rétribution complémentaire de celle de l’Union Européenne et des états membres pour les producteurs et leurs partenaires.
A titre d’exemple, le miel, par la fonction de pollinisation liée à sa production, pourrait bénéficier de ce type de label, permettant ainsi de renforcer la compétitivité de la production de l’Union Européenne.

Focus
Améliorer la ressource pour les pollinisateurs : un indicateur de biodiversité
Face aux multiples causes qui entrainent une mortalité importante des colonies depuis des années, la qualité du bol alimentaire des abeilles est un facteur-clé. Celles-ci ont besoin d'une alimentation de qualité pour résister aux parasites Varroa et Nosema ceranae. Les résultats des expérimentations menées par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles montrent clairement l’intérêt des couverts mellifères pour les abeilles domestiques. Une modification de 0.5% de la zone de butinage des abeilles contribue en effet, en moyenne, aux deux tiers de leur alimentation en pollen. L'impact des aménagements en monde agricole sur le maintien de la défense immunitaire des abeilles est donc un encouragement au maintien et au développement de la démarche. Il convient donc d’encourager le développement :
- des jachères apicoles
- des haies avec une gestion intelligente permettant la floraison
- des intercultures mellifères
- les cultures mellifères et pollinifères (colza, tournesol)
- des bandes enherbées avec une gestion favorable aux ressources pollinifères (liste
des espèces autoriser à élargir, en particulier aux légumineuses) Cette politique repose sur un des indicateurs retenus par le projet SEBI 2010, « zones agricoles et gestion favorable à la biodiversité.» Elle permettra la mise en avant d’un « nouveau service public », celui de la ressource, impulsé par le monde agricole.
 
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 19/01/2011 Les experts européens au chevet des abeilles - La biodiversité, c'est l'affaire de tous !
COMMUNIQUE DE PRESSE
Les experts européens au chevet des abeilles La biodiversité, c’est l’affaire de tous

 
 
Au lendemain du Sommet de Nagoya et à l'heure où s’achève l’Année Internationale de la
Biodiversité, le Réseau Biodiversité pour les Abeilles et ses partenaires continuent à se mobiliser pour favoriser la biodiversité dans la gestion de nos territoires.
 
 
Colloque « La biodiversité, c’est l’affaire de tous »
Mardi 25 janvier 2011 (9h00 – 17h00)
Salle Victor Hugo - 101, rue de l’Université
75007 Paris
 
Thèmes du colloque :
• Année internationale de la biodiversité et sommet de Nagoya : bilan et perspectives
• Recherche scientifique sur les mortalités d'abeilles
• Biodiversité : l'engagement des acteurs de terrain
• Une nouvelle stratégie politique européenne en faveur de la biodiversité
• Trame Verte et Bleue : des enjeux à l'action

Face à la crise que traverse l’apiculture mondiale depuis une trentaine d’années, la communauté
scientifique poursuit son travail pour identifier les facteurs clé du dépérissement du cheptel apicole.
Parmi les dizaines de causes d’affaiblissement et de mortalité des abeilles, la question de leur alimentation est aujourd’hui reconnue comme un élément majeur. Dernièrement, la Commission
Européenne rappelait qu’il « existe de plus en plus de preuves scientifiques que les abeilles qui ont accès à un mélange de pollens de différentes plantes sont en meilleure santé que celles qui se
nourrissent d’un seul type de pollen. » (Source : Communication de la Commission au Parlement Européen au Conseil, 6 décembre 2010)

La qualité du bol alimentaire des abeilles est indispensable pour maintenir leurs défenses immunitaires et les rendre plus résistantes face aux parasites (Varroa, Nosema ceranae) et aux virus dont la présence dans les ruches se développe et contre lesquels les moyens de traitement restent limités.
Scientifiques français et internationaux, représentants du monde agricole et apicole, experts
environnementaux, décideurs économiques et politiques se succèderont à la tribune pour partager leur analyse. Cet événement est l’occasion de rassembler 300 personnalités du monde agricole,
apicole, politique, économique et environnemental.
 
Colloque "La biodiversité, c’est l’affaire de tous"
Sous le haut-patronage de
Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République
Mardi 25 janvier 2011, Paris

 
La biodiversité, c’est l’affaire de tous !
Colloque organisé par M. Jacques Remiller,
Député de l’Isère, Maire de Vienne
Président du Groupe d’études sur les Fruits et légumes de l’Assemblée Nationale
en partenariat avec le Réseau Biodiversité pour les Abeilles
 
Mardi 25 janvier 2011 - Paris
9h15 OUVERTURE, par M. Jacques Remiller, Député de l’Isère, Maire de Vienne

9h30 SESSION 1 – CHERCHER
sous la présidence de M. Claude Gatignol, Député de la Manche
Agents pathogènes et défense immunitaire des abeilles par Elke Genersch, Université Libre de Berlin (Allemagne)
Programme STEP – Suivi des pollinisateurs en Europe et maintien du service de la pollinisation
par Stuart Roberts, Université de Reading (Grande Bretagne) La gestion des superficies gelées, une mesure agro-écologique suffisante pour protéger les
abeilles ? POLINOV : une approche plus globale par Axel Decourtye, ACTA (France) L’intérêt mellifères des principales espèces botaniques par Nicoleta Ion, Institut Apicole de Bucarest
(Roumanie)

11h15 SESSION 2 – EXPERIMENTER
sous la présidence de M. Michel Diefenbacher, Député du Lot-et-Garonne
Gestion différenciée de la luzerne : un atout pour la biodiversité par Eric Guillemot, Directeur de Coop de France Déshydratation. Gestion des dépendances vertes routières favorable aux pollinisateurs par Jérôme Larivé, Direction des Infrastructures de Transport au Ministère de l’Ecologie et Julien Chagué, Réseau Biodiversité pour les Abeilles.

DEJEUNER

14h00 SESSION 3 – DECIDER
sous la présidence de M. Jérôme Bignon, Député de la Somme Année Internationale de la Biodiversité et Sommet de Nagoya : bilan et perspectives par Christophe Bouvier, Directeur Europe de l’UNEP (Programme Environnemental des Nations Unies)
Nouvelle stratégie européenne pour la biodiversité par François Wakenhut, Chef de l’Unité Biodiversité à la DG Environnement (Commission Européenne)
Les services environnementaux dans les politiques agricoles européennes par Thierry de l’Escaille, Secrétaire général de ELO (European Landowners’ Organization)

15h00 SESSION 4 – AGIR
sous la présidence de M. Martial Saddier, Député de Haute-Savoie Biodiversité, l’engagement des acteurs de terrain par Jean-François Lesigne, RTE France et Jean-Christophe Benoît, CDC Biodiversité
Trame Verte et Bleue : bilan d’étape du Programme Symbiose (Région Champagne Ardenne)
par Jérémy Miroir, Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien

16h00 DEBAT - LES ENJEUX DE LA TRAME VERTE ET BLEUE
sous la présidence de M. Martial Saddier, Député de Haute-Savoie Fabienne Allag-Dhuisme, Ministère de l’Ecologie (Chef du projet Trame Verte et Bleue)
Christophe Chassande, Ministère de l’Agriculture (DGPAAT)
Jérémy Miroir, Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien
Joël Limouzin, FNSEA Jean-Marc Petat, Directeur Environnement BASF Agro
Julien Marre, Administrateur des Jeunes
Agriculteurs (CNJA)
Philippe Lecompte, Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles
 
16h45 CONCUSION
 
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